Question écrite ✓ Répondue le 30/06/2026 enseignement

Mutations entre académies des conjoints de militaire enseignants

Posée le 23/12/2025 • Ministère interrogé : Ministère de l’éducation nationale

Florence Goulet

Florence Goulet RN

Députée — Meuse (2)

La question

Mme Florence Goulet interroge M. le ministre de l'éducation nationale sur la mutation des conjoints de militaire par ailleurs enseignants. En effet, selon l'association Women forces, 25 000 conjoints de militaires travaillent pour l'éducation nationale. On pourrait penser que le fait d'être fonctionnaire facilite le regroupement familial, voire qu'il induise une certaine automaticité, mais il n'en est rien et la mutation est même qualifiée de « pas si simple » pour diverses raisons qui ne semblent pourtant pas insurmontables. Tout d'abord un problème de coordination des calendriers des mutations des deux ministères qui ne correspondent pas nécessairement. Les ordres de mutation du ministère de la défense n'arrivent pas toujours en temps et en heure pour que le conjoint puisse faire sa demande dans les délais auprès du ministère de l'éducation nationale. Ensuite, dans le cas où l'intégration d'une académie à une autre n'est pas possible et que le conjoint est contraint de cesser son activité en optant par exemple pour un congé parental ou la disponibilité, même si l'académie d'arrivée de la famille a finalement des postes disponibles, ne serait-ce que pour faire des remplacements, le conjoint n'est pas autorisé à y postuler. L'éducation nationale doit donc se passer d'un enseignant dont elle a pourtant besoin. Un constat fortement regrettable au vu des difficultés de recrutement et de professeurs manquants dans les écoles, collèges et lycées du territoire. La signature d'une convention en avril 2022 entre le ministère de l'éducation nationale et celui des armées avait pourtant pour objectif de permettre la facilitation de ces mutations, notamment d'informer les recteurs sur l'intérêt et la souplesse de l'affectation à titre provisoire. L'application de cette convention semble compliquée par son aspect non contraignant, dont l'application semble « au bon vouloir » des rectorats et par le déséquilibre entre une cellule spécialisée côté défense nationale qui doit être en relation avec tous les rectorats pour tous les niveaux d'enseignement. Enfin, selon le système de l'éducation nationale, chaque mutation remet « les compteurs à zéro ». Les militaires étant mutés tous les 3 à 4 ans, leurs conjoints n'ont guère le temps de cumuler des points. C'est pourquoi elle lui demande comment les demandes de mutation sollicitées par les fonctionnaires conjoints de militaires peuvent être mieux prises en compte, non seulement dans l'intérêt des familles de militaires, mais également dans celui de son ministère.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 30/06/2026

Le ministère de l'éducation nationale et le ministère des armées ont signé en 2022 une convention de partenariat conformément au plan d'accompagnement des familles et d'amélioration des conditions de vie des militaires 2018-2022. Cette convention vise à faciliter la mobilité de certains personnels du ministère de l'éducation nationale et ce dans toute la mesure compatible avec le bon fonctionnement du service, ainsi que dans le respect des priorités de mutation reconnues, entre autres, par le code général de la fonction publique (dont le rapprochement de conjoints ; article L. 512-19 du code général de la fonction publique) et les statuts particuliers des corps des personnels enseignants, d'éducation et psychologues de l'éducation nationale. Des actions ont été prises visant à garantir un traitement personnalisé des demandes de mobilité de conjoints de militaire. En ce qui concerne le second degré, la convention prévoit qu'en cas d'absence de participation aux opérations de mobilité en raison de la connaissance tardive de l'affectation du militaire, les agents peuvent formuler une demande de mobilité qui fera l'objet d'une analyse individualisée. En ce qui concerne le premier degré, les professeurs des écoles dans cette même situation participent à la phase complémentaire. L'hypothèse de la disponibilité pour opérer des remplacements ne peut être envisagée. En effet, un fonctionnaire titulaire ne peut pas être recruté comme agent contractuel par sa propre administration (Conseil d'État, 13 novembre 1981, n° 11564 et 11791) et ce indépendamment de sa position statutaire. Enfin, le changement d'affectation a une incidence sur le barème de l'agent, en particulier sur l'ancienneté relative au poste ; c'est pourquoi, le barème des personnels enseignants du second degré, bénéficiant d'une affectation à titre provisoire, prend en compte la dernière affectation définitive de l'enseignant afin de ne pas le pénaliser lors de ses futures demandes de mobilité. Des mesures équivalentes sont prévues pour les agents réintégrant leurs corps d'origine à la suite d'une disponibilité (annexe 1, points 3.3.1.1.3. et 3.3.3.2. des lignes directrices de gestion ministérielles relatives à la mobilité des personnels des ministères de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports du 22 octobre 2024, publiées au BO du 31 octobre 2024).

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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