Question écrite
✓ Répondue le 16/06/2026
politique extérieure
Menace d'ingérences états-uniennes en Europe
Posée le 20/01/2026 • Ministère interrogé : Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Nathalie Oziol LFI-NFP
Députée — Hérault (2)
La question
Mme Nathalie Oziol alerte M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la nouvelle stratégie de sécurité nationale des États-Unis, à travers laquelle son administration affirme que « les États-Unis encouragent leurs alliés politiques en Europe à promouvoir [un] renouveau d'esprit », que « l'influence croissante des partis européens patriotiques constitue effectivement une grande source d'optimisme », et que son objectif « devrait être d'aider l'Europe à corriger sa trajectoire actuelle », de « cultiver une résistance à la trajectoire actuelle de l'Europe au sein des nations européennes » et d'aider l'Europe à « retrouver sa confiance civilisationnelle et son identité occidentale ». À travers ce document, l'administration états-unienne redéfinit sa politique envers l'Europe, en reprenant la thèse raciste et d'extrême droite de l'effacement civilisationnel, et en prenant position sur des enjeux électoraux propres aux États européens. En assumant cette position, l'administration états-unienne réaffirme son rejet du principe de souveraineté, justifie la multiplication des ingérences et interventions militaires au nom des intérêts des États-Unis, et confirme son désengagement du système des Nations unies et de nombreuses instances multilatérales, perçues comme des organismes « intrusives » qui « sapent la liberté politique ». En conséquence, elle souhaite connaître les mesures préventives qu'il prévoit de prendre à la suite de la publication de ce document, conformément à la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961 et le devoir du personnel diplomatique de ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures de l'État l'ayant accrédité.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 16/06/2026
Le Gouvernement a pris acte de la publication de la nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine (NSS). L'appel à « cultiver la résistance » au sein même des États européens, face à un prétendu « effacement civilisationnel » porte le risque d'une ingérence directe au sein des débats démocratiques dans les pays européens. La publication de ce texte américain est aussi un moment de clarification et de vérité qui invite à tenir le cap et à accélérer. Au fond, c'est la démonstration éclatante que la France avait raison, depuis 2017, d'appeler l'Europe à l'autonomie stratégique et qu'elle a eu raison, depuis huit ans, de faire changer l'Europe. L'Europe a repris le contrôle de ses frontières avec le Pacte sur l'immigration et l'asile, elle s'est donné les moyens de se défendre contre la concurrence déloyale et a posé des règles aux géants du numérique. Les peuples européens savent bien que la garantie de l'exercice de leur souveraineté passe aussi par l'Europe à condition que l'Europe soit plus forte, qu'elle soit plus sûre et qu'elle soit plus compétitive. Les peuples européens refusent les capitulations dans les guerres d'invasion comme dans les guerres commerciales, ils refusent que l'Europe devienne un continent vassalisé et vieillissant. Ils veulent au contraire que l'Europe devienne une puissance démocratique qui ne laisse personne décider à sa place. La stratégie de sécurité nationale américaine conforte l'agenda d'autonomie stratégique européenne. Elle doit également encourager à renforcer le pilier européen de l'OTAN, afin qu'il soit plus robuste face à la Russie qui restera durablement la principale menace pesant sur l'Alliance et qui continuera à la tester.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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