Question écrite ✓ Répondue le 26/05/2026 lieux de privation de liberté

Protection des personnels pénitentiaires face aux menaces sur internet

Posée le 27/01/2026 • Ministère interrogé : Ministère de l'intérieur

Monique Griseti

Monique Griseti RN

Députée — Bouches-du-Rhône (1)

La question

Mme Monique Griseti attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur les menaces et atteintes visant certains personnels de l'administration pénitentiaire, notamment à travers les réseaux sociaux. Le 13 janvier 2026, le tribunal correctionnel de Marseille a examiné le cas de deux internautes ayant diffusé sur la plateforme Snapchat des publications contenant des propos haineux, des menaces explicites et une apologie de crime à l'encontre de la directrice du centre pénitentiaire des Baumettes. Lors de l'audience, le parquet a requis des peines de 24 mois d'emprisonnement, dont 18 mois ferme, à l'encontre des deux prévenus. Ces attaques, d'une extrême gravité, ont profondément marqué la directrice concernée. Depuis le début de cette affaire, celle-ci vit sous une menace constante, ce qui a bouleversé son quotidien et remis en cause sa sérénité, tant professionnelle que personnelle. Cette situation illustre la violence croissante à laquelle sont exposés les agents publics, en particulier ceux exerçant des fonctions d'autorité ou de responsabilité dans des environnements sensibles comme l'administration pénitentiaire. Face à la multiplication des menaces, d'intimidations ou de campagnes de dénigrement ciblant des fonctionnaires sur internet, il apparaît indispensable de renforcer la prévention, la protection et l'accompagnement de ces agents. Il est en effet intolérable que ceux qui œuvrent quotidiennement au service de la République et à la sécurité des citoyens soient ainsi exposés à la vindicte numérique ou aux représailles de personnes mal intentionnées. Aussi, Mme la députée souhaiterait connaître les mesures que le Gouvernement entend adopter pour éviter la reproduction de tels faits à l'encontre des dépositaires de l'autorité publique. Enfin, elle souhaiterait savoir quelles actions pourront être engagées afin de permettre à la directrice du centre pénitentiaire des Baumettes de retrouver des conditions de vie et d'exercice professionnel normales et plus largement, comment l'État entend réaffirmer son soutien sans faille à l'ensemble des personnels de l'administration pénitentiaire confrontés à de telles situations.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 26/05/2026

Le ministère de la Justice est pleinement mobilisé pour assurer la sécurité des personnels pénitentiaires. L'ensemble des acteurs de la chaîne pénale est mobilisé face aux auteurs des faits commis contre l'administration pénitentiaire et ses agents. En cas de faits de violences, de menaces ou d'intimidations commis à l'égard des agents pénitentiaires ou de leur famille, un traitement diligent et empreint de la plus grande fermeté est assuré. Lorsque la directrice du centre pénitentiaire de Marseille a été menacée, sa prise en charge par les services compétents de l'administration pénitentiaire a été immédiate. Toutes les mesures nécessaires ont ainsi été adoptées. Un procès s'est par ailleurs tenu le 13 janvier 2026 au tribunal correctionnel de Marseille, impliquant les deux protagonistes suspectés d'être à l'origine des menaces ; ils ont été condamnés à 30 mois de prison ferme par un jugement en date du 28 janvier 2026. S'agissant de la protection des personnels pénitentiaires, outre le protocole d'accord dit « Incarville » signé le 13 juin 2024 par le garde des Sceaux et les organisations syndicales à la suite des événements tragiques du 14 mai 2024, qui a permis de renforcer la sécurité des personnels pénitentiaires, la loi du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic a permis d'apporter des réponses fortes et rapides au besoin de protection des personnels pénitentiaires. Cette loi a instauré des mesures permettant de lutter contre la criminalité organisée hors et au sein des établissements pénitentiaires, notamment la possibilité de l'anonymisation des agents pénitentiaires pour faire face aux risques de menaces auxquels ils sont exposés. Ce mécanisme concernera, tant les actes de procédure pénale, que ceux pris dans le cadre de la gestion des personnes détenues, dans lesquels figureront seulement le numéro d'identification administrative (NIA) du personnel.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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