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Question écrite ✓ Répondue le 20/10/2026 énergie et carburants

Retard de la PPE3 et conséquences pour la filière solaire

Posée le 10/02/2026 · Ministère interrogé : Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique

Lionel Vuibert Lionel VuibertNI Député — Ardennes (1)

La question

M. Lionel Vuibert attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur le calendrier et le contenu de la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3). Alors que la France s'est engagée à atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050 et à renforcer sa souveraineté énergétique, la programmation pluriannuelle de l'énergie constitue l'outil central de pilotage de la politique énergétique nationale. Or la PPE3, annoncée depuis plus de deux ans et ayant fait l'objet de nombreuses consultations, n'a toujours pas été publiée, laissant l'ensemble des acteurs économiques et territoriaux dans une incertitude prolongée. Cette absence de visibilité pèse particulièrement sur les filières des énergies renouvelables et notamment du solaire photovoltaïque, qui ont répondu aux orientations fixées par la loi du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables en investissant massivement, en recrutant et en structurant des capacités industrielles sur l'ensemble du territoire. Sur le terrain, cette situation se traduit par des reports d'investissements, des gels d'embauches et une fragilisation de l'écosystème industriel local, assimilable à un moratoire de fait, alors même que l'Assemblée nationale a clairement rejeté toute perspective de moratoire explicite sur les énergies renouvelables, considérant qu'une telle option serait préjudiciable à la transition énergétique, à l'emploi et à la souveraineté énergétique du pays. Plus largement, l'absence de cap clair interroge la cohérence de la trajectoire énergétique nationale, dans un contexte où l'électrification des usages doit s'accélérer afin de réduire une dépendance encore très élevée aux énergies fossiles importées, tant pour des raisons climatiques qu'économiques et géopolitiques. Dans ce contexte, il lui demande de préciser le calendrier de publication de la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie, les orientations retenues en matière de développement des énergies renouvelables et les garanties apportées par le Gouvernement pour assurer la visibilité et la stabilité nécessaires à l'investissement et à l'emploi.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 20/10/2026
La troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3) a été publiée le 13 février dernier. Elle confirme l'accélération du développement des énergies renouvelables électriques afin de répondre à la hausse attendue de la demande d'électricité, qui devrait atteindre 618 TWh en 2035, selon le scénario de consommation de référence issu des travaux préparatoires de la stratégie nationales bas carbone (SNBC). S'agissant spécifiquement des énergies renouvelables, la PPE3 prévoit : - La réforme de l'hydroélectricité, pour la relance des investissements d'une filière souveraine. En lien avec la proposition de loi visant à relancer les investissements dans le secteur de l'hydroélectricité, la PPE3 permet de développer et pérenniser le parc de barrages français. La cible est d'augmenter à hauteur de 2,8 GW les capacités de barrages, notamment par l'optimisation et le renforcement d'aménagements existants, dont 1,7 GW de station de transfert d'énergie par pompage (STEP). - L'accélération sur l'éolien en mer et la montée en puissance d'une aventure industrielle. La PPE3 poursuit le développement de l'éolien en mer en prenant en compte les réalités industrielles de la filière et les besoins d'infrastructures et de raccordement. Elle fixe une cible de 15 GW de puissance installée en 2035. - La poursuite raisonnée et réaliste du développement des énergies renouvelables électriques terrestres. Les objectifs d'installations des énergies renouvelables électriques ont été ajustés pour tenir compte des débats parlementaires du printemps 2025 et de l'évolution de la consommation électrique sur les dernières années. Ainsi la PPE fixe une évolution raisonnée du photovoltaïque, avec une cible de 48 GW en 2030 et 55-80 GW en 2035, contre près de 30 GW en 2025. Concernant l'éolien terrestre, le gouvernement privilégiera le renouvellement de parcs existants pour augmenter leur puissance et réduire l'impact paysager, avec une cible de 31 GW en 2030, 35-40 GW en 2035, contre environ 24 GW en 2025. - La poursuite du développement des énergies renouvelables non électriques. Certains usages nécessitent des combustibles aujourd'hui carbonés tels que le pétrole et le gaz. À travers la PPE3, le Gouvernement promeut le recours à des substituts décarbonés tels que le biométhane, l'hydrogène, la chaleur et le froid renouvelables, les biocarburants. La chaleur renouvelable et de récupération passera de 172 TWh en 2023 à 328-421 TWh en 2035 ; le biométhane de 9 TWh à 47-82 TWh ; les biocarburants de 38 TWh à 70-90 TWh et l'hydrogène jusqu'à 8 GW.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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