Question écrite
✓ Répondue le 09/06/2026
pharmacie et médicaments
Pénurie de médicaments
Posée le 10/02/2026 • Ministère interrogé : Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Florence Goulet RN
Députée — Meuse (2)
La question
Mme Florence Goulet alerte Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la pénurie de certains médicaments qui ne sont plus disponibles en France. C'est l'exemple du Febuxostat en spécialité d'urologie, qui est un hypo-uricémiant indispensable pour combattre les taux excessifs d'acide urique dans le sang avec deux bénéfices : il empêche la survenue des crises et il protège le rein. Il est également utilisé aussi dans les cas d'insuffisance rénale. Cette pénurie est totale depuis le 1er janvier 2026, également dans les hôpitaux. S'il existe une alternative d'un autre médicament, son administration n'est pas possible chez certains patients, pouvant développer de graves allergies potentiellement mortelles. Dans un contexte de pénurie croissante, où près de 400 médicaments étaient toujours en rupture de stock en 2025 et près de 1 200 avec un risque de rupture, cela illustre malheureusement la perte de souveraineté industrielle du pays et ses conséquences terribles et directes sur le système de soins pour les médecins et leurs patients, et s'y ajoute le fait que la France ne va pas au-delà d'un plafond dans ses achats de médicaments. En février 2025, Mme la députée alertait déjà le prédécesseur de Mme la ministre sur ces pénuries et la gestion des stocks, mais n'a jamais reçu de réponse malgré plusieurs relances. Aussi, elle lui demande si des mesures urgentes sont envisagées afin de débloquer ces situations devenues récurrentes au détriment de l'offre de soins et de la santé de nombreux patients.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 09/06/2026
Les médicaments composés de Fébuxostat dosés à 80 mg (Adenuric et ses génériques), ont fait l'objet de fortes tensions d'approvisionnement depuis le 4 décembre 2025, liées à des difficultés de production des laboratoires. Ces médicaments sont indiqués chez l'adulte dans le traitement de l'hyperuricémie chronique dans les cas où un dépôt d'urate s'est déjà produit. Par ailleurs, le dosage 120 mg dispose en plus de l'indication en prévention et dans le traitement de l'hyperuricémie chez les patients traités par chimiothérapie pour des hémopathies malignes et à risque intermédiaire ou à haut risque de syndrome de lyse tumorale. Pour mettre fin à ces tensions d'approvisionnement, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a mis en place plusieurs mesures permettant de limiter l'impact de cette tension pour les patients, et notamment un contingentement quantitatif en ville et à l'hôpital, mais également la mise à disposition d'un stock de dépannage d'urgence. En outre, elle a publié le 30 janvier 2026 et mis à jour le 2 avril 2026 sur son site internet des recommandations (Actualité - Fébuxostat 80 mg (Adenuric et génériques) : recommandations pour l'ajustement des traitements - ANSM) invitant les prescripteurs à limiter et différer autant que possible les initiations de traitement en Fébuxostat 80 mg et rappelant que l'allopurinol est le médicament à initier en première intention dans le traitement de l'hyperuricémie chronique. Le Fébuxostat 80 mg est de nouveau disponible en quantité suffisante tout au long de la chaîne d'approvisionnement depuis mi-mars 2026, même si quelques laboratoires peuvent connaître ponctuellement des difficultés résiduelles. Les médecins peuvent donc reprendre les initiations de traitement de cette spécialité.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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