Question écrite ✓ Répondue le 02/06/2026 transports ferroviaires

Dysfonctionnements de la ligne de train de nuit Aurillac-Paris

Posée le 10/02/2026 • Ministère interrogé : Ministère des transports

Vincent Descoeur

Vincent Descoeur DR

Député — Cantal (1)

La question

M. Vincent Descoeur attire l'attention de M. le ministre des transports sur les dysfonctionnements de la ligne de train de nuit Aurillac-Paris, mise en service en décembre 2023 et devenue quotidienne en juillet 2025. Ces dysfonctionnements, annulations ou retards s'expliquent le plus souvent par le manque de disponibilité des locomotives diesel qui le tractent entre Brive et Aurillac. De fait, seules trois locomotives permettent actuellement de tracter les deux trains vers Rodez et Aurillac. Le collectif « Oui au train de nuit » rappelle que, pour augmenter le parc de locomotives disponibles, la SNCF avait proposé deux actions lors du comité de suivi de la ligne du 17 avril 2025 : relocaliser une partie de la maintenance des locomotives à Brive, notamment en utilisant les installations de l'EIV de Brive, opéré par SNCF Réseau ; recourir ponctuellement à des locomotives frêt, ce qui nécessite une autorisation de l'établissement public de sûreté ferroviaire (EPSF), annoncée pour fin 2025 et toujours en attente. Dans un courrier en date du 17 juillet 2025 qui lui a été adressé, M. le ministre avait confirmé qu'il est « envisagé de confier certaines opérations à l'établissement industriel voie (EIV) de Brive-La-Gaillarde, des discussions sont en cours entre SNCF Réseau et SNCF Voyageurs afin d'y aboutir ». Parallèlement, l'autorisation de l'EPSF en vue d'utiliser des locomotives de fret semble toujours en attente. C'est pourquoi il lui demande dans quels délais ces mesures pourront être mises en œuvre afin d'améliorer le fonctionnement de cette ligne.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 02/06/2026

Le train de nuit Paris-Aurillac, dont le régime nominal est quotidien depuis juillet 2025, a transporté un peu plus de 23 000 personnes en 2025, soit une augmentation de près de 20 % par rapport à 2024. Cette augmentation est due uniquement au changement de régime de circulation de cette desserte. Cette ligne de train de nuit, aujourd'hui la plus modeste en trafic, doit encore s'inscrire comme choix prioritaire pour les voyageurs potentiels, tout en remplissant ses missions d'aménagement du territoire. Dans cet objectif, et au même titre que l'ensemble des lignes de trains de nuit, il convient de s'assurer dans la mesure du possible que les circulations sont réalisées selon leur régime prévu. La disponibilité du parc de locomotives thermiques à Brive-la-Gaillarde est donc un enjeu majeur en vue d'effectuer ces circulations. Au cours de l'année, entre 3 et 4 locomotives thermiques sont utilisées depuis Brive-la-Gaillarde pour les trains de nuit vers Rodez-Albi et Aurillac. Lors du comité de suivi des dessertes ferroviaires du 17 mai 2025, il a été présenté plusieurs actions en cours ayant pour but de limiter le temps d'indisponibilité de ces locomotives et d'avoir plus de locomotives de réserve. En l'absence aujourd'hui de possibilité d'obtenir d'autres locomotives thermiques adaptées aux trains de voyageurs et afin d'augmenter ce nombre de locomotives de réserve, une analyse a été menée pour une éventuelle autorisation de locomotives fret pour les trains de nuit. Toutefois, l'inadéquation technique de ces locomotives, notamment pour l'interphonie et la détection incendie, ne permet pas d'envisager à court terme leur utilisation, faute de pouvoir les autoriser. L'Établissement public de sécurité ferroviaire n'a en tout état de cause reçu aucun dossier de demande d'autorisation en ce sens. La diminution du temps d'indisponibilité des locomotives est quant à elle en cours de résolution. Un temps envisagée en déléguant une partie de la maintenance des locomotives à l'Établissement Industriel Voie (EIV) de Brive-la-Gaillarde, SNCF Voyageurs a finalement décidé de modifier le contrat de location des locomotives auprès du loueur, Akiem. Ainsi, depuis le début de l'année 2026, une plus grande partie de la maintenance est assurée par SNCF Voyageurs au lieu de la société de location, dans l'objectif de limiter les délais de réparation et d'assurer une circulation de la desserte la plus proche du régime quotidien.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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