Question écrite ✓ Répondue le 30/06/2026 outre-mer

Route de désenclavement du Mont-Dore

Posée le 17/02/2026 • Ministère interrogé : Ministère des outre-mer

Nicolas Metzdorf

Nicolas Metzdorf EPR

Député — Nouvelle-Calédonie (1)

La question

M. Nicolas Metzdorf interroge Mme la ministre des outre-mer sur l'enclavement insupportable que subissent les 15 000 habitants du Mont-Dore Sud et de Yaté. Depuis l'insurrection du 13 mai 2024, l'unique route reliant ces populations au reste de la Grande Terre, traversant la tribu de Saint-Louis, est devenue une zone de non-droit, utilisée comme levier de chantage politique. Le bilan est accablant : des centaines de carjackings violents et armés, une fermeture totale de l'axe pendant quatre mois et aujourd'hui, une circulation qui ne tient qu'à la mobilisation massive de blindés et de centaines de gendarmes pour des convois sous escorte. Malgré ce déploiement militaire, les caillassages et les agressions persistent. Les conséquences sont désastreuses : effondrement de la valeur immobilière, pertes d'emplois, déscolarisation forcée et ruptures de soins. Aucun territoire de l'Hexagone ne tolérerait que 15 000 citoyens français soient ainsi pris en otage, privés de leur liberté fondamentale d'aller et venir. La promesse de sécurisation, répétée depuis quarante ans, est un échec. La seule issue durable est structurelle. Il lui demande par conséquent quand et comment l'État compte s'engager, au titre de la solidarité nationale et de la garantie de la sécurité publique, pour lancer et financer la construction d'une route de dégagement alternative, seule solution pour désenclaver définitivement ces populations abandonnées.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 30/06/2026

La RP1 et plus particulièrement le tronçon Boulari-La Coulée est depuis plusieurs années le théâtre de blocages et d'actes de délinquance. Pendant les émeutes, ils ont conduit à l'isolement de nombreux habitants pendant plusieurs mois (entre mai 2024 et février 2025). Malgré une situation aujourd'hui stabilisée, la crainte de nouveaux blocages demeure chez les habitants du Mont-Dore Sud et de Yaté et pèse sur le quotidien de la population. L'actuelle RP1 est par ailleurs soumise à des risques de submersions sur le tronçon de la route de la Coulée, notamment en saison cyclonique (risques de crues) qui peuvent la rendre impraticable. La Province Sud, propriétaire et gestionnaire de l'infrastructure, a engagé des études afin d'examiner l'opportunité et les modalités de construction d'une route alternative. Elle bénéficie pour cela du soutien de l'État à hauteur de 60 M FCP dans le cadre du contrat de développement 2024-2027. Ce financement doit lui permettre de réaliser une série d'analyses au cours de l'année 2026, nécessaires au lancement de l'opération. Sans attendre le résultat de ces études, il est indispensable de proposer une solution concrète face aux difficultés que connaissent les habitants du Mont-Dore Sud et de Yaté. A cet égard, la réflexion sur le confortement d'une liaison maritime pérenne comme alternative transitoire et/ou complémentaire au projet de nouvelle liaison routière doit être encouragée. L'État sera particulièrement attentif aux projets d'investissement qui pourraient lui être présentés par les acteurs locaux pour accompagner de ce type de desserte, notamment dans le cadre du plan de relance en cours de déploiement sur le territoire.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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