Question écrite ✓ Répondue le 23/06/2026 industrie

Objectifs de développement de capacités industrielles prévus par la PPE3

Posée le 24/02/2026 • Ministère interrogé : Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique

Matthias Tavel

Matthias Tavel LFI-NFP

Député — Loire-Atlantique (8)

La question

M. Matthias Tavel interroge M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur les objectifs de développement de capacités industrielles prévues par la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3) publiée le 13 février 2026. En plus des objectifs énergétiques qu'elle fixe, la Programmation pluriannuelle de l'énergie qui vient enfin d'être publiée prévoit « des objectifs indicatifs de développement de capacités industrielles de production de composants et d'équipements en France pour les installations de production d'électricité renouvelable ». Le maintien ou la relocalisation en France des capacités industrielles et notamment celles ayant trait aux énergies renouvelables, est un objectif partagé, indispensable à la souveraineté industrielle et énergétique du pays. L'enjeu est de consolider une base industrielle et technologique de l'énergie renouvelable (BITER) comme il existe une base industrielle et technologique de défense (BITD). Dans le cas particulier des nacelles d'éoliennes en mer, la PPE3 fixe ainsi pour objectif une capacité de production industrielle sur le territoire français de 1 à 2 GW par an au 31 décembre 2030 et de 2 GW par an au 31 décembre 2035. Or l'usine Siemens Gamesa au Havre, l'une des deux seules usines en France, a annoncé l'extension de son usine pour se concentrer sur la seule production de pales et l'arrêt de l'assemblage de nacelles. Ne reste donc plus que la seule usine de GE Vernova à Montoir-de-Bretagne, dont l'avenir est fortement menacé depuis deux ans. L'entreprise fait en effet face à un carnet de commande vide à partir de 2027. Elle a procédé en moins de deux ans à plusieurs plans de licenciements, supprimant près de la moitié de ses effectifs français dans l'éolien maritime. Et le 12 novembre 2024, le directeur de GE Vernova indiquait dans The Financial Times ne pas prévoir rechercher de nouvelles commandes pour son activité d'éolien en mer, déclaration fragilisant davantage l'avenir du site de Montoir-de-Bretagne. M. le député a alerté à plusieurs reprises les gouvernements successifs depuis le 14 mars 2024 sur la fragilité du site et les risques de fermeture de cette usine stratégique. L'objectif fixé par le Gouvernement de production française de nacelles semble donc incompatible avec les trajectoires prévues respectivement par ces deux industriels. Il lui demande donc sur quelles projections industrielles sont basés les objectifs de développement de capacités industrielles de production de nacelles d'éoliennes en mer en France, quels moyens il prévoit de mobiliser pour inverser la tendance au désengagement industriel sur le territoire dans cette production et atteindre les objectifs fixés et si l'État est prêt à garantir la pérennité du site de GE Vernova par tous les moyens, y compris la nationalisation.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 23/06/2026

La programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3) fixe des objectifs ambitieux pour éolien en mer, afin d'atteindre 15 GW installés à horizon 2035 et 18 GW à horizon 2037. Elle prévoit également des objectifs indicatifs de développement de capacités industrielles de production de composants et d'équipements en France, pour les différents composants clés de cette filière (pales, nacelles, fondations flottantes, aimants permanents, sous-stations, câbles) à horizon 2030 et 2035. Si la France dispose déjà de nombreux sites de production pour différents composants (Chantiers de l'Atlantique à St Nazaire, Siemens Gamesa au Havre, LM Wind à Cherbourg ou encore GE Vernova à Montoir-de-Bretagne), la conservation de ces capacités est en effet une priorité pour le Gouvernement afin de répondre à l'accélération du déploiement avec l'attribution d'appels d'offres, en France et en Europe, et conserver une empreinte industrielle forte sur ce secteur stratégique. Le Gouvernement met en œuvre plusieurs leviers pour atteindre cet objectif. D'une part, l'introduction de critère de résilience ambitieux dans les futurs appels d'offres permettra de favoriser les retombées industrielles locales. Ces critères seront mis en œuvre dès l'appel d'offres n° 10 qui a été annoncé début avril par les ministres pour une puissance totale de 10 GW et qui constituera un véritable appel d'air pour la filière industrielle française. D'autre part, pour garantir la compétitivité des acteurs français, le Gouvernement soutient les nouveaux investissements industriels au moyen du crédit d'impôt pour l'industrie verte (C3IV), prolongé jusqu'en 2028, et participe à l'adaptation des infrastructures portuaires grâce à un appel à projets dédié pour le développement de l'éolien flottant. La modernisation de l'usine du Havre, soutenue notamment par le C3IV, prépare ainsi le site à la fabrication de pales d'une longueur de 115 m pour répondre à la montée en puissance des turbines. Cet investissement témoigne de la capacité d'adaptation des infrastructures aux besoins futurs du marché de l'éolien en mer. Concernant plus particulièrement les activités françaises de GE Vernova dans le secteur éolien, qui sont confrontées à des difficultés financières et opérationnelles depuis 2024, elles sont suivies de près par l'État sur les dernières années. Les services de l'État s'entretiennent ainsi régulièrement avec l'ensemble des équipes de GE Vernova responsables des usines françaises, afin de garantir la pérennité des sites et le maintien de l'activité de production de nacelles d'éoliennes en mer en France.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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