Question écrite
✓ Répondue le 07/07/2026
défense
Neutralisation des capteurs : dépendance américaine ou capacité souveraine ?
Posée le 03/03/2026 • Ministère interrogé : Ministère des armées et des anciens combattants
Marc Chavent UDDPLR
Député — Ain (5)
La question
M. Marc Chavent attire l'attention de Mme la ministre des armées et des anciens combattants sur l'Advanced Emission Suppression Missile (AESM) étudié par la United States Navy, missile antiradar de très longue portée capable de neutraliser des radars terrestres multicouches et des plateformes aéroportées. La doctrine française actuelle repose sur la discrétion des vecteurs, la combinaison d'effets et l'interopérabilité alliée. Cependant, elle présente des limites : face à des bulles de déni d'accès, à des systèmes sol-air mobiles et à des plateformes AWACS protégées par guerre électronique avancée, la neutralisation des capteurs ne peut être garantie par des frappes ponctuelles. Par exemple, dans un scénario simulé par l'OTAN, un S-400 combiné à un AWACS pourrait détecter et suivre les vecteurs entrants à plus de 400 km, mettant les forces françaises en difficulté si elles devaient opérer sans le soutien américain. La question est donc très simple : il lui demande si, dans ce contexte, le Gouvernement envisage un développement national ou européen, intégrable au Dassault Rafale, ou s'il accepte qu'un segment critique de cette fonction stratégique repose totalement sur une dépendance américaine.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 07/07/2026
La France a envisagé une solution nationale afin d'éviter la dépendance américaine pour cette fonction stratégique. En effet, le développement d'un missile supersonique manœuvrant à statoréacteur (STRATUS « Rapid Strike ») a été engagé avec l'entreprise MBDA, dans le cadre du programme Future Cruise/Anti-Ship Weapon (FCASW) ou "futur missile de croisière, futur missile antinavire" (FMAN/FMC), en coopération avec le Royaume-Uni. Ce projet a pour objet prioritaire de fournir une capacité aéroportée de suppression et de destruction des défenses aériennes ennemies à longue portée et une capacité antinavire. Il viendra compléter les capacités de frappe dans la profondeur aéroportées subsoniques existantes, avec le missile SCALP et ses incréments, et en développement avec le missile de croisière furtif STRATUS (« Low Observability ») également développé dans le cadre du programme FCASW. Inscrit en programmation au titre de ce même programme, son lancement en réalisation est prévu fin 2027 pour une intégration sur le standard 5.1 du Rafale.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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