Question écrite
✓ Répondue le 23/06/2026
enseignement secondaire
Dégradation du niveau en français des collégiens
Posée le 17/03/2026 • Ministère interrogé : Ministère de l’éducation nationale
Jean-Michel Brard HOR
Député — Loire-Atlantique (9)
La question
M. Jean-Michel Brard appelle l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la dégradation persistante et alarmante du niveau en français des collégiens, telle que révélée par les évaluations nationales publiées en novembre 2025. Ces résultats, qui concernent plus de sept millions d'élèves évalués en septembre, confirment une tendance préoccupante : si des progrès sont observés au primaire, notamment en CP où la lecture et la numération s'améliorent depuis 2019, la situation au collège reste critique et s'aggrave. En 5e, seuls 52,1 % des élèves maîtrisent de manière satisfaisante le français, un chiffre qui chute à 34,6 % dans les réseaux d'éducation prioritaire (REP) et à 24,9 % dans les REP+. En 4e, les performances en français sont en net recul, avec une diminution du nombre d'élèves les plus performants et une augmentation de ceux en difficulté. Ces données confirment un « effritement progressif » du niveau, reconnu par le ministre lui-même et révèlent une fracture croissante entre les territoires et les publics scolaires. Cette situation est d'autant plus inquiétante qu'elle compromet la réussite des élèves au lycée, mais aussi leur insertion professionnelle et citoyenne. Les difficultés en français, langue de scolarisation et socle de toutes les autres disciplines, ont des répercussions sur l'ensemble des apprentissages et sur la capacité des élèves à s'exprimer, comprendre et analyser le monde qui les entoure. Par ailleurs, les inégalités territoriales et sociales se creusent : les élèves des REP et REP+ sont deux fois moins nombreux à maîtriser le français que la moyenne nationale, ce qui interroge sur l'efficacité des dispositifs d'accompagnement et de soutien mis en place. Enfin, la baisse du niveau en français s'inscrit dans un contexte plus large de désaffection pour la lecture, de réduction du temps consacré à l'écrit et à l'oral et d'une exposition croissante aux écrans, qui modifient en profondeur les pratiques langagières des jeunes. Face à ce constat, il lui demande quelles mesures concrètes le Gouvernement entend mettre en œuvre pour enrayer la baisse du niveau en français au collège, en ciblant particulièrement les classes de 5e et 4e où les difficultés s'aggravent, pour renforcer l'accompagnement personnalisé des élèves en difficulté, notamment dans les REP et REP+ et garantir un égal accès à la réussite pour tous, pour encourager la pratique de la lecture et de l'écriture, en intégrant des temps dédiés dans les emplois du temps et en valorisant les projets pédagogiques innovants ; pour former et soutenir les enseignants dans la mise en œuvre de méthodes pédagogiques adaptées aux défis actuels, notamment pour lutter contre l'illettrisme et favoriser la maîtrise des compétences fondamentales et enfin pour évaluer régulièrement l'impact des dispositifs mis en place et ajuster les politiques éducatives en conséquence, afin de garantir une amélioration durable et mesurable du niveau des élèves.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 23/06/2026
Garantir la maitrise des savoirs fondamentaux à chaque élève est une priorité absolue. La mise en place d'évaluations nationales du CP à la 4e permet aux professeurs de repérer les besoins de chaque élève et d'adapter leur enseignement pour assurer la maitrise des savoirs fondamentaux. Les mesures portées par le ministère de l'éducation nationale visent à élever le niveau général des collégiens en mettant en place un accompagnement adapté à leurs besoins. À cette fin, les enseignements de français en classes de 6e et de 5e sont organisés en groupes en fonction des besoins et des compétences des élèves. À compter de la prochaine rentrée, cette organisation en groupes sera maintenue comme une modalité possible d'organisation pédagogique, laissée à l'appréciation des équipes et des établissements. La dynamique d'élévation du niveau général se poursuit en 4e et en 3e avec la formalisation dans chaque établissement d'une stratégie de réussite, fondée sur plusieurs leviers tels que Devoirs faits, les stages de réussite ainsi que les heures supplémentaires de soutien pour renforcer la maitrise des savoirs fondamentaux. De plus, une attention soutenue est portée aux établissements dont une part importante d'élèves rencontre des difficultés par un accompagnement tant au niveau national, académique que départemental. « Collège en progrès » s'inscrit dans une ambition claire : permettre à chaque élève de réussir en agissant prioritairement dans quelque 800 collèges aux contextes très divers, dans lesquels le poids de la grande difficulté scolaire y rend nécessaire un appui important aux équipes et un effort particulier afin d'apporter une aide déterminante aux élèves les plus en difficulté. Il est donc demandé aux recteurs de mettre en place, avec le concours d'une équipe pluridisciplinaire et à l'échelle de chaque établissement identifié, un plan d'action pluriannuel avec l'ambition de permettre l'élévation générale du niveau de tous les élèves. Les programmes rénovés de français s'inscrivent pleinement dans cette ambition. Ils clarifient les attendus de fin d'année et de fin de cycle et placent la compréhension de l'écrit au cœur des apprentissages, du CM1 à la 6e, en mobilisant l'ensemble des disciplines et en renforçant le travail explicite sur la langue. Par ailleurs, l'encouragement à la lecture constitue un axe structurant de l'action ministérielle. Les États généraux de la lecture pour la jeunesse, organisés à l'automne, ont permis d'établir un diagnostic partagé sur les pratiques de lecture des jeunes, complété par les travaux récents de l'inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche portant sur les enjeux de littératie. Ces travaux nourrissent l'élaboration de nouvelles mesures destinées à remettre la lecture au cœur du quotidien scolaire et extrascolaire des élèves. Enfin, une solide politique de formation continue favorise l'exploitation efficace de ces leviers. Le schéma directeur de la formation continue vise une amélioration des pratiques pédagogiques touchant directement les apprentissages, notamment par la personnalisation. Cette année, cela donne lieu à des séminaires nationaux sur le développement du goût de lire, l'évaluation au service des apprentissages ou encore l'enseignement du lexique. L'ensemble de ces actions vise à garantir une amélioration durable pour que chaque élève maîtrise les compétences fondamentales en français.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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