Question écrite ✓ Répondue le 30/06/2026 animaux

Mise en place permis de détention animaux

Posée le 21/04/2026 • Ministère interrogé : Ministère de la justice

Corinne Vignon

Corinne Vignon EPR

Députée — Haute-Garonne (3)

La question

Mme Corinne Vignon attire l'attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice, sur la recrudescence des maltraitances exercées sur des animaux et la nécessité d'agir en prévention pour empêcher la récidive par des personnes déjà traduites en justice et condamnées pour des actes malveillants envers les animaux. Parmi les mesures efficaces pour prévenir et lutter contre les actes de maltraitance, l'interdiction de détenir un animal est essentielle et son application doit encore être renforcée et systématisée pour protéger les animaux. C'est la raison pour laquelle la Fondation 30 Millions d'Amis demande l'instauration d'un permis de détention d'un animal de compagnie, qui serait acquis pour tout détenteur d'un animal, mais systématiquement suspendu ou retiré aux personnes reconnues judiciairement coupables d'actes de maltraitance envers un ou des animaux. Ce permis de détention, associé à un fichier central national et lié à la carte nationale d'identité du maître, empêcherait un individu déjà condamné pour maltraitance de conserver ou d'acquérir un nouvel animal. Aussi, elle souhaite savoir si le Gouvernement entend étudier la mise en place de ce permis de détention, dont le retrait serait systématique en cas de maltraitances exercées sur des animaux.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 30/06/2026

La lutte contre la maltraitance animale constitue une priorité pour le ministère de la Justice, qui a développé un arsenal juridique complet et opérationnel pour protéger les animaux, prévenir efficacement les atteintes qui leur sont portés et sanctionner leurs auteurs avec la fermeté requise. Les dispositifs existants, rigoureux et adaptés, permettent de répondre, sur le strict plan judiciaire, aux enjeux soulevés par la proposition d'un permis de détention d'un animal. A ce titre, l'interdiction de détenir un animal, prévue à l'article 131-10 du code pénal, peut être prononcée en tant que peine complémentaire pour les crimes ou délits lorsque la loi le prévoit. Les articles 131-21-2 et 131-16 du même code en précisent les modalités, permettant une interdiction proportionnée, définitive ou temporaire selon la gravité des faits. Cette peine figure au casier judiciaire des intéressés et aux autres fichiers judiciaires à disposition des forces de sécurité intérieure et de l'autorité judiciaire, notamment le fichier des personnes recherchées, ce qui permet d'en assurer un contrôle effectif par les différentes autorités en charge de la lutte contre la maltraitance animale. La violation de l'interdiction résultant de cette peine est passible de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende (article 434-41 du code pénal), une sanction qui assure un effet dissuasif significatif. De plus, en cas d'atteinte sexuelle contre un animal, son auteur est inscrit au fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes, dont la violation des obligations est également sévèrement sanctionnée. Par ailleurs, conformément à l'article 708 du code de procédure pénale, aucune diligence particulière n'est prévue par les textes pour l'exécution de cette peine, s'agissant d'une peine par nature non susceptible d'exécution forcée. La peine complémentaire d'interdiction de détenir un animal remplit ainsi l'objectif d'empêcher les personnes condamnées pour maltraitance de posséder un animal.  Pour en assurer l'effectivité, des mécanismes de coordination et de suivi ont été mis en place, tel que l'exposait déjà la circulaire du 16 mai 2005 relative à la politique pénale pour la répression des atteintes commises à l'encontre des animaux. Celle-ci souligne la nécessité d'une "réponse pénale efficace et dissuasive" aux atteintes portées aux animaux, insistant sur la mise en œuvre d'actions concertées avec les autres services de l'État et le rapprochement avec les associations de protection et de défense des animaux, afin de disposer d'une meilleure connaissance des problématiques locales. À ce titre, les comités de pilotage départementaux, qui associent les services de l'État, les associations et les acteurs locaux, permettent d'identifier des situations nécessitant une attention particulière, un suivi rigoureux des personnes condamnées avec une attention particulière sur les personnes susceptibles de détenir des animaux en violation d'une interdiction. Dans le prolongement, un protocole interministériel conclu en avril 2026 vise à améliorer la synergie entre les différents acteurs impliqués, afin de garantir une réponse pénale rapide et adaptée. Sur le plan pénal, en l'état du droit actuel et de la politique menée en la matière, les dispositions semblent suffisantes pour permettre l'effectivité de l'interdiction, pour une personne condamnée, de détenir un animal.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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