Question écrite ✓ Répondue le 30/06/2026 animaux

Prise en charge financière animaux saisis lors de procédures judiciaires

Posée le 28/04/2026 • Ministère interrogé : Ministère de la justice

Corinne Vignon

Corinne Vignon EPR

Députée — Haute-Garonne (3)

La question

Mme Corinne Vignon attire l'attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice, sur la prise en charge financière des animaux saisis dans le cadre de procédures judiciaires pour maltraitance animale. Lorsqu'un tribunal ordonne la saisie ou le retrait d'animaux victimes de mauvais traitements, leur accueil, leur hébergement, leur alimentation et leurs soins sont très majoritairement assurés par des associations de protection animale ou des structures d'accueil spécialisées. Or en pratique, ces associations doivent avancer l'intégralité des frais pendant toute la durée des procédures judiciaires, lesquelles peuvent s'étendre sur plusieurs années, notamment en cas d'appel. Ces charges atteignent fréquemment plusieurs dizaines de milliers d'euros par dossier, fragilisant gravement l'équilibre financier des structures concernées. Si la loi prévoit que ces frais incombent au propriétaire des animaux, leur recouvrement demeure souvent illusoire, en raison de l'insolvabilité fréquente des personnes condamnées. Il en résulte un décalage important entre le principe juridique posé par les textes et son effectivité concrète. Dans ce contexte, plusieurs acteurs de terrain proposent la création d'un mécanisme national d'avance des frais liés aux animaux saisis, permettant une prise en charge immédiate, avec recouvrement ultérieur auprès des personnes condamnées. Aussi, elle lui demande donc si le Gouvernement envisage la mise en place d'un tel dispositif afin de garantir l'effectivité des décisions judiciaires en matière de protection animale et de ne plus faire peser sur les seules associations la charge financière de ces mesures.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 30/06/2026

Le ministère de la Justice tient à souligner son engagement en faveur de la protection des animaux au moyen d'une politique pénale proactive, soutenue par un renforcement continu des sanctions contre les atteintes qui leur sont portées. Les évolutions législatives récentes, notamment la loi n° 2021-1539 du 30 novembre 2021 visant à lutter contre la maltraitance animale, témoignent de cette volonté. Ces textes ont pour objectif d'assurer une répression effective des actes de maltraitance, tout en recherchant une prise en charge adaptée des animaux victimes. Dans ce cadre, les associations de protection animale occupent une place centrale. Leur intervention, qui s'inscrit pleinement dans la chaîne pénale et doit être saluée, permet de mettre à l'abri les animaux saisis et ainsi d'assurer l'effectivité des décisions judiciaires.  Le dispositif juridique actuel prévoit déjà des mécanismes de couverture des frais engagés par ces associations. L'article L. 214-23 du code rural et de la pêche maritime impose aux propriétaires des animaux saisis de supporter les frais de garde et de soins. En cas de condamnation, les tribunaux peuvent ordonner le remboursement intégral de ces dépenses. Afin de supporter leurs frais, qui ne sont pas ignorés, les associations peuvent bénéficier de subventions publiques, de dons ou de partenariats avec des acteurs privés. La diversification et l'augmentation de ces financements, qui constituent des enjeux cruciaux, ne ressortent pas de la compétence du ministère de la Justice. S'il est important de souligner que les difficultés de recouvrement des frais peuvent être liées à l'insolvabilité des personnes condamnées, il convient de relever que cette problématique s'inscrit dans une réflexion globale sur le renforcement des modalités de recouvrement de l'ensemble des condamnations pécuniaires et des moyens, notamment opérationnels, à mettre en œuvre pour les garantir. Dans ce contexte, la récente signature du protocole interministériel de lutte contre la maltraitance animale, diffusé aux autorités judiciaires le 30 avril 2026, vise à faciliter la coordination entre les acteurs impliqués dans la lutte contre la maltraitance animale. Il doit permettre aux associations, dans le cadre d'instances dédiées, d'attirer l'attention des autorités en charge de l'exécution des décisions de justice sur les situations particulières, afin d'assurer ce recouvrement effectif des frais dans des conditions rapides et optimales. Avant la mise en place de tout mécanisme d'avance par l'État des frais relatifs aux animaux saisis, le comité de pilotage de lutte contre la maltraitance animale, a ainsi vocation à identifier les difficultés rencontrées et les solutions pouvant être mises en œuvre.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

← Retour à la fiche de Corinne Vignon