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Question écrite ✓ Répondue le 29/09/2026 déchets

Réemploi des emballages : conséquences du manque d'infrastructures de lavage

Posée le 07/07/2026 · Ministère interrogé : Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature

Hubert Ott Hubert OttDEM Député — Haut-Rhin (2)

La question

M. Hubert Ott appelle l'attention de Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature sur les difficultés rencontrées par les metteurs en marché d'emballages réemployables dans les territoires dépourvus d'infrastructures de lavage industriel de proximité et sur les conséquences de cette immaturité de la filière sur la capacité des entreprises à respecter leurs obligations légales. La loi AGEC impose aux metteurs en marché d'emballages une trajectoire de réemploi, fixée par le décret n° 2022-507 à 8 % en 2026 et 10 % en 2027. En Alsace, plusieurs entreprises de taille moyenne se sont engagées dans cette démarche dès 2025 et notamment des brasseries artisanales, en investissant dans des casiers réutilisables, des palettes de stockage, des surfaces dédiées et une logistique de tri, sur la foi de la pérennité de cette offre de lavage régionale. Or la filière du lavage industriel de bouteilles consignées demeure très inégalement répartie sur le territoire national. Dans certaines régions, la fermeture d'un centre de lavage suffit à laisser des acteurs engagés dans une démarche de réemploi sans aucune solution de proximité : le laveur opérationnel le plus proche peut alors se trouver à plusieurs centaines de kilomètres, au prix d'un surcoût significatif par rapport à une bouteille neuve et d'un bilan carbone dégradé par le transport. C'est ainsi qu'une brasserie de la circonscription haut-rhinoise de M. le député se retrouve dans l'obligation, à la suite de la fermeture de l'unique centre de lavage de l'Est de la France, de faire transporter ses bouteilles jusque dans les Hauts-de-France. Ces entreprises sont ainsi contraintes de renoncer purement et simplement à leur démarche de réemploi, alors même qu'elles ont anticipé leurs obligations légales et investi en conséquence, sans qu'aucune solution de substitution ne soit disponible à court terme sur leur territoire. Se pose dès lors, légitimement, la question des conséquences juridiques auxquelles s'exposent ces entreprises de bonne foi, qui se trouvent dans l'impossibilité matérielle d'appliquer la loi du fait de carences de l'offre et non de leur propre fait. Aussi, il lui demande quelles mesures de tolérance ou d'accompagnement sont envisagées pour les entreprises de bonne foi qui sont dans l'impossibilité matérielle de remplir leurs obligations de réemploi faute d'infrastructure disponible sur leur territoire et si une adaptation du calendrier ou des modalités du décret du 8 avril 2022 est à l'étude pour tenir compte de la fragilité du tissu industriel du réemploi.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 29/09/2026
Le Gouvernement a connaissance des difficultés rencontrées par certains metteurs en marché engagés dans des démarches de réemploi dans les territoires où les capacités de lavage industriel demeurent insuffisantes ou fragiles. La fermeture d'installations régionales illustre les tensions auxquelles fait face une filière encore en cours de structuration, malgré les investissements déjà réalisés par plusieurs entreprises. La loi du 10 février 2020 et le décret n° 2022-507 du 8 avril 2022 fixent une trajectoire de développement du réemploi des emballages dont l'atteinte suppose l'existence d'infrastructures adaptées de collecte, de logistique et de lavage sur l'ensemble du territoire. Or, ces capacités restent aujourd'hui inégalement réparties. Dans ce contexte, une attention particulière a été demandée à l'éco-organisme agréé de la filière des emballages ménagers, conformément à son cahier des charges, afin de mettre en œuvre les actions nécessaires au développement opérationnel du réemploi, notamment au travers de dispositifs de soutien adaptés. Un soutien spécifique aux acteurs du lavage a ainsi été déployé en 2025 afin d'accompagner le maintien des capacités existantes pendant la phase de structuration de la filière. La situation fait l'objet d'un suivi afin d'évaluer les besoins d'accompagnement et les conditions de déploiement territorial des infrastructures nécessaires au développement du réemploi, en tenant compte des difficultés rencontrées par les entreprises confrontées à l'absence de solution de proximité.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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