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Question écrite ✓ Répondue le 20/10/2026 énergie et carburants

Chaudières et gaz fossile : pour une politique claire de décarbonation

Posée le 08/09/2026 · Ministère interrogé : Ministère délégué auprès de la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, chargé de la transition écologique

Éric Pauget Éric PaugetDR Député — Alpes-Maritimes (7)

La question

M. Éric Pauget appelle l'attention de M. le ministre délégué auprès de la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, chargé de la transition écologique, sur la politique menée par le Gouvernement quant à l'installation des chaudières fonctionnant au gaz fossile dans les logements anciens et sur ses conséquences sur le pouvoir d'achat des ménages. Il lui rappelle qu'alors que le Gouvernement entend accélérer la sortie des énergies fossiles dans le secteur du bâtiment et prévoit leur interdiction dans les constructions neuves à compter de 2027, la situation demeure sensiblement différente pour les logements anciens. Il lui rappelle également qu'aujourd'hui, aucune interdiction générale ne s'oppose au remplacement, dans une maison ou un appartement déjà construit, d'une chaudière au gaz en panne ou arrivée en fin de vie par une chaudière au gaz à condensation neuve. Dans les faits, toutefois, les pouvoirs publics ont choisi de rendre cette solution de plus en plus difficile à réaliser. En effet, depuis 2024 et plus encore depuis 2025, les principaux dispositifs d'aide à la rénovation énergétique, notamment MaPrimeRénov', excluent les équipements fonctionnant exclusivement aux énergies fossiles, y compris les chaudières au gaz à haute performance énergétique. L'ensemble de ces orientations peut placer les ménages dans une situation particulièrement délicate, le remplacement constituant une dépense contrainte, qui ne peut pas toujours être différée. Or, selon la configuration du logement, le remplacement par un système décarboné peut nécessiter des travaux importants et entraîner un reste à charge très supérieur à celui d'un simple remplacement de chaudière. En conséquence, M. le député souligne une difficulté de cohérence dans cette politique publique : l'installation d'une chaudière au gaz demeure légalement possible dans un logement existant, mais dans le même temps l'État refuse désormais de soutenir financièrement cette solution, sans pour autant l'interdire formellement ni garantir à tous les ménages l'accès à une solution alternative techniquement et financièrement réaliste. Cette situation est susceptible de pénaliser en premier lieu les ménages modestes et les propriétaires les contraignant potentiellement à engager des dépenses qu'ils n'avaient pas anticipées ou à financer sur leurs propres deniers des travaux de rénovation plus lourds que le simple remplacement de leur équipement. Aussi, il lui demande de bien vouloir préciser et clarifier la doctrine du Gouvernement concernant l'avenir des chaudières au gaz dans les logements existants. Il lui demande, d'une part, si le Gouvernement entend maintenir durablement la possibilité de remplacer une chaudière au gaz par un équipement similaire tout en excluant celui-ci des dispositifs d'aide, ou s'il envisage, à terme, une interdiction de ces équipements dans le parc immobilier existant. D'autre part, il souhaite qu'il lui indique comment le Gouvernement entend éviter que sa politique de réduction des énergies fossiles ne se traduise, pour les ménages confrontés à une panne ou à la fin de vie de leur chaudière, par un reste à charge disproportionné, notamment lorsque les caractéristiques techniques de leur logement ne permettent pas une conversion simple et immédiate vers une autre énergie. Enfin, il souhaite savoir si le Gouvernement est prêt à engager une réflexion sur la mise en place d'un dispositif transitoire ou d'un accompagnement spécifique pour les ménages contraints de remplacer leur chaudière, afin de concilier les objectifs de décarbonation du parc immobilier avec la préservation du pouvoir d'achat et la liberté de choix des propriétaires.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 20/10/2026
Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, il est nécessaire de réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre du secteur du bâtiment. L'action du Gouvernement s'inscrit ainsi dans la trajectoire et les objectifs fixés par la Stratégie nationale bas-carbone s'agissant notamment du remplacement progressif et massif des chaudières au gaz. Par ailleurs, la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments impose de supprimer toute incitation financière à l'installation de chaudières consommant des énergies fossiles sur site à compter du 1er janvier 2025, ce qui a conduit en particulier depuis 2025 à la suppression des aides MaPrimerénov'et CEE (certificats d'économie d'énergie) spécifiquement dédiées à l'installation d'une chaudière à gaz à la fois dans le résidentiel individuel et collectif.  En avril 2026, le Gouvernement a présenté son plan d'électrification des usages, répondant à la fois à l'impératif de lutte contre le changement climatique, et à l'objectif de réduire fortement notre dépendance aux énergies fossiles importées. L'électrification de notre économie permet de protéger le pouvoir d'achat des ménages, en s'appuyant sur notre production abondante d'électricité décarbonée. C'est dans ce contexte que, depuis le 1er septembre 2026, les aides publiques (MaPrimeRénov, les certificats d'économie d'énergie) ne peuvent plus être mobilisées pour financer des projets de rénovation de maisons individuelles qui maintiendraient un système de chauffage fonctionnant aux énergies fossiles. D'une part, cette mesure est cohérente avec le fait que, dans une majorité des configurations de maisons individuelles, le remplacement d'une chaudière à gaz ou à fioul par un système de chauffage décarboné comme une pompe à chaleur est techniquement possible. D'autre part, cela permet d'orienter prioritairement les aides publiques vers les opérations permettant une décarbonation effective du parc de logements, sachant que près de 90% des rénovations d'ampleur aidées jusqu'à présent par l'ANAH prévoyaient le remplacement de la chaudière fossile par un système décarboné. Ces différentes dispositions visent uniquement à mettre fin aux incitations financières à l'installation ou au remplacement d'équipements de chauffage aux énergies fossiles, et à rendre plus compétitives les solutions décarbonées, en cohérence avec les objectifs climatiques et de souveraineté énergétique que la France s'est fixés. Elles ne laissent aucunement présager une interdiction de remplacement de ces équipements dans les logements existants, dans la mesure où l'installation de pompes à chaleur ou le raccordement à un réseau de chaleur urbain peut poser des difficultés techniques pour certaines configurations de bâtiments, en particulier dans le collectif. Pour accompagner la mise en œuvre de ces objectifs de sortie du gaz fossile dans le secteur résidentiel, le gouvernement porte plusieurs mesures visant à minimiser le reste à charge des ménages faisant l'achat de ces équipements, en ciblant les catégories les plus modestes pour lesquelles ce reste à charge constitue bien souvent un frein majeur. Parmi ces mesures, le dispositif de « leasing pompes à chaleur », annoncé dans le plan d'électrification et mis en place depuis le 1er octobre répond à cet objectif, tout comme la revalorisation du niveau des aides CEE pour l'installation de pompes à chaleur pour les ménages modestes.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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