Stratégie de la France pour le bioéthanol et l'hydrogène
Christine EngrandNI
Députée — Pas-de-Calais (6)
La question
Mme Christine Engrand appelle l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur le développement des filières françaises de bioéthanol, de méthanisation et d'hydrogène décarboné, qui constituent des leviers complémentaires pour réduire la dépendance aux énergies fossiles et renforcer la souveraineté énergétique du pays. La filière française du bioéthanol représente près de 9 000 emplois directs, indirects et induits. En 2025, plus de 19 millions d'hectolitres ont été consommés en France et le Superéthanol-E85 est disponible dans plus de 4 000 stations-service. Cette filière contribue à la décarbonation du parc automobile existant, tout en soutenant l'agriculture et l'industrie françaises. Son développement nécessite toutefois une visibilité réglementaire et économique suffisante pour encourager les investissements et améliorer ses performances environnementales. La méthanisation constitue également un levier important, en permettant de valoriser les effluents d'élevage, les résidus agricoles et les déchets organiques pour produire du biogaz et du biométhane. Elle contribue ainsi à réduire les importations de gaz fossile, à diversifier les revenus agricoles et à développer une énergie renouvelable produite localement, sous réserve d'une gestion durable des ressources. À ce titre, une augmentation de 40 % de la production de biométhane par rapport à son niveau de 2025 représenterait, à titre indicatif, un supplément de 5,4 TWh par an, sur la base d'une production initiale de 13,5 TWh. Ce volume équivaudrait énergétiquement à environ 9 millions d'hectolitres de bioéthanol, soit près de la moitié de la consommation française de 2025. Cette comparaison permet de mesurer le potentiel de ces filières, sans présumer de leur interchangeabilité ni des ressources nécessaires à leur développement. Par ailleurs, l'hydrogène décarboné constitue un enjeu stratégique pour la décarbonation de certains procédés industriels et secteurs des transports. Son essor suppose des objectifs lisibles en matière de production, de stockage, de transport et de soutien aux investissements. Ainsi, elle lui demande quels sont les objectifs du Gouvernement concernant le développement du bioéthanol, des biocarburants et de la méthanisation à l'horizon 2035 et 2050, s'il envisage de fixer un objectif d'augmentation de 40 % de la production de biométhane et quels moyens financiers et réglementaires pourraient être mobilisés pour y parvenir, quelles sont les mesures envisagées pour soutenir les unités françaises de production de bioéthanol et de biométhane, faciliter leur raccordement aux infrastructures, sécuriser leurs débouchés et valoriser durablement les ressources agricoles et organiques, et enfin comment le Gouvernement entend articuler ces filières avec le développement de l'hydrogène décarboné et l'électrification des usages, afin de construire une stratégie énergétique cohérente, créatrice d'emplois et favorable à la compétitivité industrielle, à la transition écologique et à la souveraineté énergétique de la France.
⏳ Cette question n'a pas encore reçu de réponse du gouvernement.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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