Question écrite ✓ Répondue le 07/07/2026 énergie et carburants

Nécessité de développer la production hydro-électrique face aux éoliennes

Posée le 25/02/2025 • Ministère interrogé : Ministère auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de l’industrie et de l’énergie

Daniel Grenon

Daniel Grenon NI

Député — Yonne (1)

La question

M. Daniel Grenon appelle l'attention de M. le ministre auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de l'industrie et de l'énergie, sur l'utilisation incohérente de l'énergie éolienne et du potentiel sous-exploité de l'énergie hydro-électrique. Actuellement, près de 10 000 éoliennes sont en service sur le territoire, réparties sur environ 2 300 parcs et pourtant, elles ne couvrent que moins de 9 % des besoins en électricité du pays. En comparaison, l'énergie hydraulique a représenté 12 % de la production électrique sur la même période. L'éolien repose principalement sur l'installation terrestre, mais sa version offshore, encore très minoritaire aujourd'hui, gagne du terrain en raison de l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050 et de sa forte capacité de production. De son côté, l'hydroélectricité dispose d'un potentiel d'amélioration significatif grâce à des technologies comme les stations de transfert d'énergie par pompage (STEP) ou encore l'hydroélectricité flottante. Cependant, l'éolien présente de multiples défauts structurels. Il est tributaire de plusieurs contraintes : tout d'abord des conditions de vent, ensuite des maintenances régulières et enfin des nombreuses limitations du réseau électrique (capacité d'acheminement, stabilité du réseau etc...). De plus, alors que l'hydroélectricité est capable de produire, en moyenne, à 80 % de sa capacité optimale, l'éolien plafonne à environ 25 %. ne permettent pas de stocker une grande quantité d'énergie pour répondre aux pics de consommation. À l'inverse, un barrage hydroélectrique, dont la durée de vie est comprise entre 100 et 150 ans (contre 20 à 25 ans pour une éolienne), peut stocker une quantité considérable d'eau, lui conférant une bien plus grande autonomie. Enfin, il est à peine nécessaire d'évoquer les nuisances sonores et visuelles des éoliennes, qui font l'objet de nombreuses critiques. L'éolien ne constitue pas une solution d'avenir. Malgré sa faible émission de CO2, il souffre de trop nombreux inconvénients face à l'hydroélectricité, dont les avantages sont considérables. Pour toutes ces raisons, il lui demande si le Gouvernement compte augmenter le potentiel de production d'énergie hydraulique notamment en investissant plus massivement dans les technologies nécessaires. Il lui demande également s'il entend remplacer progressivement la « solution » éolienne par des moyens plus avantageux de production électrique.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 07/07/2026

Le développement des énergies renouvelables, notamment de l'énergie hydraulique, fait pleinement partie des objectifs du Gouvernement. L'hydroélectricité est en effet une source d'électricité décarbonée, prévisible, pilotable, pourvoyeuse d'emplois et historiquement implantée dans les territoires. Avec près de 26 GW de puissance installée, elle constitue la deuxième source de production d'électricité derrière le nucléaire et la première source d'énergie renouvelable en France. L'État planifie, au travers de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), le développement des capacités installées. A ce titre, la PPE 3, publiée le 13 février 2026, prévoit une augmentation de 2,8 GW des capacités hydroélectriques installées à l'horizon 2035, notamment grâce à l'optimisation et au suréquipement d'aménagements existants. Ces 2,8 GW incluront notamment 1,7 GW de stations de transfert d'énergie par pompage (STEP). Le soutien à la filière se traduit également par les appels d'offres et arrêtés tarifaires qui accompagnent le développement de la petite hydroélectricité. Enfin, le Gouvernement a obtenu à l'été 2025 un accord de la Commission pour la résolution des précontentieux européens sur les concessions hydroélectriques et la relance des investissements, accord donc il a soutenu la concrétisation au travers de la proposition de loi réformant le régime des concessions hydroélectriques, qui a été votée définitivement le 17 juillet 2026 et qu'il convient maintenant de mettre en œuvre. Si l'hydroélectricité présente de nombreux atouts, son potentiel résiduel reste aujourd'hui limité, une grande partie des sites propices étant déjà équipés. Son développement, notamment par la flexibilité qu'il permet, est ainsi complémentaire de celui d'autres filières d'énergies renouvelables électriques non pilotables faisant l'objet d'un plus fort potentiel, de manière à atteindre notre objectif de neutralité carbone. C'est pourquoi, l'État continue notamment de développer la filière éolienne, qui est également essentielle pour répondre rapidement à nos besoins croissants en énergie décarbonée. Le développement maitrisé de l'éolien terrestre, en priorisant le renouvellement, inscrit dans la PPE 3 s'articule avec la volonté de maintenir une haute qualité environnementale des projets. Par ailleurs, la PPE3 fixe l'ambition d'atteindre 15 GW de puissance d'éolien en mer installée à horizon 2035, une filière qui présente un facteur de charge élevé, un gisement important au large des côtes française et d'importantes perspectives de retombées économiques et industrielles. Le Gouvernement entend donc poursuivre simultanément le développement de ces filières complémentaires, afin d'assurer la souveraineté, la compétitivité et la décarbonation de notre mix énergétique.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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