Question écrite ✓ Répondue le 07/07/2026 élus

Situation psychologique des maires ruraux

Posée le 25/03/2025 • Ministère interrogé : Ministère auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l’accès aux soins

Yannick Favennec-Bécot

Yannick Favennec-Bécot LIOT

Député — Mayenne (3)

La question

M. Yannick Favennec-Bécot attire l'attention de M. le ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l'accès aux soins, sur la situation psychologique dégradée des maires ruraux en France. Selon une étude réalisée par l'Association des maires ruraux de France (AMRF) de 2024, 31 % des maires éprouvent un épuisement et 3,5 % d'entre eux, soit 1 200 maires, présentent un risque de burn-out, en raison d'un sentiment d'impuissance et de manque de reconnaissance. Les maires doivent aussi faire face à de nouveaux défis auxquels ils ne sont pas préparés : menaces et violences de plus en plus fréquentes, surcharge de travail. Compte tenu de cette situation, il lui demande de bien vouloir lui indiquer quelles sont ses intentions pour aider ces élus à préserver leur état psychologique et ainsi accomplir leurs missions dans de meilleures conditions.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 07/07/2026

La santé mentale est déterminée par des facteurs socio-économiques, biologiques et environnementaux. Ainsi, la capacité à se développer et à s'épanouir est influencée par un ensemble de facteurs individuels et collectifs dont l'environnement social immédiat (famille, amis et collègues) et les conditions de travail font partie. Les actions permettant d'agir sur ces déterminants de la santé mentale dépassent souvent le cadre des interventions sanitaires et concernent les politiques publiques pesant plus largement sur les conditions de vie des personnes. Dans le cadre des politiques sanitaires, le Gouvernement a inscrit la santé mentale comme une priorité. Ainsi, dès juin 2018, et en cohérence avec les objectifs de la stratégie nationale de santé, le Gouvernement a adopté une feuille de route santé mentale et psychiatrie organisée autour des 3 piliers de la prévention, du parcours de soins et de l'insertion. Cette feuille de route a été enrichie en 2020 par des mesures prises dans le cadre du Ségur de la santé, puis en 2021 par 30 mesures issues des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie. Ces dernières mesures représentent un engagement financier de près de 1,9 milliard d'euros sur 5 ans (soit environ 380 M€ par an sur la période 2022-2026). Elles représentent aussi, en 2026, une augmentation du budget annuel supplémentaire pour notre système de santé de plus de 420 M€ dédiés à la santé mentale et à la psychiatrie. L'une des mesures de cette feuille de route est la formation au secourisme en santé mentale, inspirée du programme australien « Mental health first aid » déjà mis en œuvre dans plus de 26 pays. Elle vise à faciliter le repérage des troubles psychiques ou les signes précurseurs de crise afin d'intervenir précocement, sur le modèle des « gestes qui sauvent ». Cette formation permet aux participants de revoir leurs représentations personnelles concernant la santé mentale et les troubles psychiques et d'apporter une aide aux personnes en crise ou éprouvant un problème de santé mentale. Une fois formé, le secouriste peut intervenir auprès des collègues et autres personnes de son entourage et, si besoin, les orienter vers les soins. Les évaluations internationales ont montré par ailleurs que les secouristes prennent plus soin de leur propre santé mentale. Concernant l'accès aux soins, l'une des mesures clés des Assises est la création du dispositif « Mon soutien psy » consistant au remboursement, par l'Assurance maladie et une mutuelle ou complémentaire santé, d'une prestation d'accompagnement psychologique, jusqu'à 12 séances par an, réalisées par un psychologue libéral conventionné. Le dispositif s'adresse à toute personne, dès 3 ans, qui se sent angoissée, déprimée ou en souffrance psychique légère à modérée. D'autres mesures clés visant les adultes sont l'augmentation des effectifs des centres médico-psychologiques, ou encore le renforcement en psychologues dans les maisons de santé et centres de santé. Par ailleurs, des actions de communication grand public sur la santé mentale ont été organisées, notamment avec le site internet dédié à la santé mentale Psycom.org et les campagnes conduites par l'Assurance maladie et Santé publique France. De plus, la prévention du suicide fait l'objet d'un ensemble d'actions intégrées dans lesquelles les agences régionales de santé sont fortement impliquées. Ces actions composent la stratégie nationale de prévention du suicide, décrite dans l'action n° 6 de l'axe 1 de la feuille de route santé mentale et psychiatrie, et comprennent : le maintien du contact avec la personne qui a fait une tentative de suicide (programme VigilanS) ; des formations au repérage, à l'évaluation du risque suicidaire et à l'intervention de crise auprès des personnes en crise suicidaire ; des actions ciblées pour lutter contre la contagion suicidaire ; l'information du public ; la mise en place du numéro national de prévention du suicide, le 3114. À noter que le 3114 propose une écoute par des personnels soignants auprès des personnes concernées elles-mêmes mais aussi de leurs proches et des professionnels qui les accompagnent. Il est opérationnel sur l'ensemble du territoire national quels que soient le jour et l'heure. Enfin, la prévention du mal-être agricole fait l'objet d'actions spécifiques comprenant le dispositif d'écoute téléphonique et en ligne Agri'écoute (numéro d'appel gratuit 09 69 39 29 19 et plateforme Agriecoute.fr accessibles 24h/24 et 7j/7), le renforcement du réseau des sentinelles organisé par les MSA avec une formation en prévention du suicide adaptée au grand public, d'une cellule pluridisciplinaire de prévention du mal-être et de dispositifs d'accompagnement pilotés par chaque MSA.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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