Question écrite ✓ Répondue le 07/07/2026 maladies

Prise en charge de l'épidémie de glaucome

Posée le 25/03/2025 • Ministère interrogé : Ministère auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l’accès aux soins

Fabrice Brun

Fabrice Brun DR

Député — Ardèche (3)

La question

M. Fabrice Brun alerte M. le ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l'accès aux soins, sur le dépistage du glaucome, première cause de cécité absolue en France. Les glaucomes sont une maladie chronique de l'œil du fait de lésions du nerf optique. Dans la majorité des cas, l'hypertonie oculaire est la première étape de l'évolution vers le glaucome. Sans prise en charge précoce, le glaucome peut entraîner une déficience visuelle progressive et, dans les cas les plus sévères, une cécité complète. Le glaucome concernerait 1 à 2 % de la population de plus de 40 ans et environ 10 % après 70 ans en France. Si 800 000 cas sont traités en France, entre 400 000 et 500 000 personnes en sont atteintes sans le savoir et ne seraient donc pas diagnostiquées à temps. Du fait du vieillissement de la population, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de cas de glaucomes liés à l'âge pourrait augmenter de 30 % entre 2020 et 2030, atteignant ainsi 95 millions de patients dans le monde. Or un dépistage réalisé en amont permet de prévenir la maladie, ou le cas échéant d'en limiter les risques et les effets. À partir de 40 ans, les risques de développer cette maladie augmentent, nécessitant un dépistage régulier. À ce titre, plusieurs associations, dont l'Union des aveugles et déficients visuels (UNADEV) et l'Association France glaucome ont formulé des propositions afin de promouvoir le dépistage du glaucome dès 40 ans pour les personnes à risque. Ces propositions visent notamment à améliorer le parcours de soins des patients atteints de la maladie, mais également à faciliter l'accès des patients aux dernières techniques chirurgicales pour mieux traiter la maladie. Elles plaident également pour une intensification des recherches et des essais cliniques pour la soigner. La France aurait ainsi sur cette pathologie un retard significatif qu'il semble essentiel de rattraper. S'agissant d'un enjeu de santé majeur, il lui demande ce que le Gouvernement compte mettre en place afin de pouvoir mieux lutter contre cette maladie, notamment sur la mise en place de dépistages organisés et régulés, d'innovation et d'intensification des campagnes de prévention. Il lui demande aussi ce qu'il compte mettre en place afin de pouvoir anticiper l'augmentation du nombre de personnes touchées par un glaucome d'ici les prochaines années.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 07/07/2026

Le glaucome est une maladie de l'œil responsable de lésions du nerf optique. Elle est le plus souvent due à une élévation de la pression interne de l'œil. C'est une pathologie qui peut évoluer de manière silencieuse, difficile à dépister en l'absence d'un test simple de dépistage. Un diagnostic précoce de glaucome reste primordial afin de réduire le risque de perte de la vision. Le dépistage généralisé du glaucome, en population générale, ne s'inscrit pas actuellement dans un cadre de recommandations de bonnes pratiques validé. Toutefois, la Haute autorité de santé (HAS) souligne l'importance du repérage précoce pour les personnes dès 40 ans et plus, ainsi que pour des patients prédisposés présentant des antécédents familiaux, une myopie, une hypertension artérielle, un diabète, une apnée du sommeil, ou un traitement par corticoïde prolongé. La HAS précise que la sensibilisation à l'importance du dépistage de l'hypertonie oculaire et du glaucome peut être réalisée par tous les intervenants de la filière de soin visuelle (ophtalmologistes, orthoptistes), mais également, et plus généralement, par les professionnels de santé (médecins, infirmiers, pharmaciens) et les associations de patients. Le diagnostic et la prise en charge précoce des troubles visuels restent une priorité pour le ministère en charge de la santé. Le dispositif « Mon Bilan Prévention » déployé depuis 2024 contribue à cette démarche de sensibilisation par les professionnels de santé. En effet, le repérage et la prise en charge précoce des troubles visuels restent bien inscrits dans le dispositif. Ainsi les auto-questionnaires destinés aux usagers incluent bien un item relatif à la santé visuelle pour chaque tranche d'âge et les fiches d'aides au repérage des risques, destinées elles aux professionnels de santé, contiennent également toutes un item "suivi ophtalmologique".

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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