Question écrite
✓ Répondue le 07/07/2026
énergie et carburants
Éolien en mer
Posée le 17/06/2025 • Ministère interrogé : Ministère auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de l’industrie et de l’énergie
Agnès Firmin Le Bodo HOR
Députée — Seine-Maritime (7)
La question
Mme Agnès Firmin Le Bodo attire l'attention de M. le ministre auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de l'industrie et de l'énergie, sur les menaces qui pèsent sur la filière française de l'éolien en mer, dans un contexte de crise industrielle profonde. En trois ans, le coût des éoliennes offshore a augmenté de plus de 40 % en Europe et les coûts d'installation ont doublé. Ce changement de paradigme compromet la viabilité économique de nombreux projets, avec à la clé des abandons massifs constatés à l'étranger (Danemark, Royaume-Uni, États-Unis d'Amérique) et une fragilisation croissante des projets français. La persistance d'un modèle d'appel d'offres basé à 70 % sur le critère du prix, au détriment de la robustesse technique, financière et industrielle des projets, accentue cette instabilité. Cette logique du « moins-disant » tarifaire compromet non seulement la réussite des projets, mais aussi la structuration d'une filière pérenne, innovante et souveraine. Elle alimente la dépendance vis-à-vis des fournisseurs asiatiques et décourage les investissements industriels en France. Le Havre, qui accueille un port stratégique pour la construction et la maintenance des parcs éoliens en mer, est directement concerné. C'est l'un des pôles d'excellence portuaires et industriels qui pourraient être durablement affectés par une perte d'attractivité du marché français. Elle lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour rééquilibrer les appels d'offres afin de favoriser la solidité des projets via une meilleure pondération des critères de robustesse technique et industrielle ; encourager la relocalisation de la chaîne de valeur en soutenant des sites comme Le Havre, moteurs de l'emploi industriel en Normandie ; adapter la stratégie nationale entre éolien posé et éolien flottant, afin de préserver la compétitivité et les finances publiques.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 07/07/2026
Le Gouvernement confirme son soutien au développement de l'éolien en mer, comme en témoigne le lancement récent de l'appel d'offres n° 10. L'ensemble des appels d'offres éolien en mer depuis 2022 ont maximisé la part des critères hors-prix en leur attribuant 30 points de notation sur 100. En effet, conformément aux Lignes directrices concernant les aides d'État au climat, à la protection de l'environnement et à l'énergie de la Commission européenne publiées le 18 février 2022, s'il est possible d'inclure d'autres critères de sélection que le critère du prix dans les mécanismes de soutien à l'éolien en mer, ces autres critères ne peuvent pas représenter plus de 30 % de la pondération de tous les critères de sélection. Dans les cahiers des charges des appels d'offres 7 et 8, le nombre de points de notation relatifs à la robustesse contractuelle, financière, technique et industrielle des projets a été réhaussé à 8 points. Pour les prochains appels d'offres et notamment l'AO10, il est prévu de renforcer à nouveau significativement la pondération du critère de robustesse des projets. Au-delà de la robustesse, l'État entend utiliser toutes les possibilités offertes par le règlement européen pour une industrie « zéro net » du 28 juin 2024 pour promouvoir la localisation de la chaîne de valeur et les investissements industriels en Europe et en France au travers de critères d'éligibilité et de notation relatifs au lieu d'approvisionnement des principaux composants des éoliennes offshores, qui permettront ainsi de valoriser les sites de productions situés à proximité des futurs parcs tels que ceux du Havre. La combinaison de ces différents critères d'éligibilité, critères de notation et seuils éliminatoires permettra un juste équilibre entre la recherche de compétitivité indispensable pour produire une électricité abordable, la robustesse des projets et le soutien aux acteurs industriels du territoire. Concernant l'éolien flottant, l'État s'est fixé pour ambition de faire tendre les coûts de l'éolien flottant vers ceux de l'éolien posé en continuant la montée en maturité de cette filière. Il s'agit en effet d'une technologie prometteuse pour laquelle la France détient une avance industrielle grâce au financement de 3 fermes pilotes et au lancement de premiers appels d'offres commerciaux. Ces premières étapes ont permis de créer une chaîne de valeur sur le territoire avec des retombées économiques importantes pour les sites industrialo-portuaires français. Il s'agit désormais de consolider cette avance, ainsi que de soutenir l'emploi et les sites portuaires se positionnant activement sur cette technologie, en planifiant des volumes significatifs capables d'offrir des débouchées suffisantes. À ce titre, l'appel d'offres n° 10, qui portera sur une puissance d'environ 10 GW, prévoit une répartition équilibrée entre les technologies posées et flottantes, avec la moitié des volumes pour chacune d'entre elles.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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