Question écrite
✓ Répondue le 30/06/2026
énergie et carburants
Réglementation du stockage d'énergie par dispositif de batterie
Posée le 15/10/2024 • Ministère interrogé : Ministère de la transition écologique, de l’énergie, du climat et de la prévention des risques
Philippe Brun SOC
Député — Eure (4)
La question
M. Philippe Brun interroge Mme la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques, sur la régulation des solutions de stockage d'électricité par batterie. Alors que le parc installé de batteries stationnaires s'élevait à 917 MW en métropole au 1er juillet 2024, soit environ la puissance d'un réacteur nucléaire, il devrait très bientôt doubler, avec 1 200 MW dont le raccordement est prévu dans l'année selon la Commission de régulation de l'énergie (CRE). En tout, ce sont même 6 900 MW de projets qui sont actuellement sur liste d'attente pour être validés par les gestionnaires de réseau français. Avec le déploiement des installations éolienne et solaire, la production d'énergie électrique est plus variable et le lissage de l'offre d'énergies vertes par le stockage devient une nécessité mais soulève également un certain nombre de points. Tout le monde n'est pas autorisé à se lancer dans l'activité de stockage. D'après les articles 36 et 54 de la directive (EU) n° 2019/944, les gestionnaires de réseau de distribution et de transport ne peuvent pas être propriétaires d'installations de stockage d'énergie, ni les développer, les gérer ou les exploiter. La directive citée prévoit même que les autorités de régulation doivent organiser au moins tous les cinq ans une consultation publique portant sur les installations existantes de stockage d'énergie afin d'évaluer la disponibilité et l'intérêt potentiels à investir dans ces installations. À l'origine, ces installations servaient à rendre ce que l'on appelle des « services système ». En cas d'instabilité sur le réseau en raison d'un décalage entre la production et la consommation, la fréquence hertzienne fluctue. Puisque les batteries peuvent injecter de l'électricité à tout moment, elles sont parfaitement calibrées pour remédier à ce déséquilibre. Les gestionnaires de réseau, Enedis et RTE, versent donc une redevance aux opérateurs de ces installations, pour pouvoir les utiliser en cas de besoin. Au fur et à mesure et en plus des opérations d'équilibrage du réseau, les installations de stockage ont permis de dégager des bénéfices sur les marchés de l'énergie en achetant quand le prix est bas et en vendant quand le prix est élevé. Puisque les opérateurs de réseau sont exclus de ces transactions commerciales, les candidats potentiels sont tous les autres acteurs de l'industrie électrique (producteurs, commercialisateurs, agrégateurs, consommateurs), n'ayant pas de statut particulier pour le moment. De plus, si un acteur devenait assez important pour manipuler les prix du marché, ou si les conditions de marché venaient à changer au point de faire de ces solutions de stockage des sources de revenus injustifiés, alors il serait normal d'en réguler le développement. Ainsi, il apparaît pertinent de s'interroger sur la question de la régulation tout comme celle de la répartition des tâches entre les organismes de régulation. Il l'interroge donc sur les solutions de régulation et d'encadrement de cette activité.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 30/06/2026
Au 1er avril 2026, la capacité de stockage par batteries, atteint environ 2 GW à date en métropole, hors STEP – stations de transfert d'énergie par pompage. La file d'attente représente 16,1 GW principalement sur le réseau public de transport de RTE. La valeur des batteries pour le système électrique réside dans leur niveau élevé de flexibilité permettant des ajustements très fins tout au long de la journée, bénéfiques pour le système électrique. Les batteries contribuent également à la sécurité d'approvisionnement au titre du service qu'elles rendent pour le passage de la pointe. Les batteries peuvent se rémunérer sur l'ensemble des dispositifs de marché (énergie, réserves et mécanisme de capacité) et sont actuellement rentables sur la base de ces revenus de marché. Les politiques publiques, notamment au travers des dispositifs de soutien, doivent garantir que l'arbitrage quotidien des batteries reste non faussé afin de rendre les services optimaux pour le réseau électrique. En application de la réforme européenne du marché de l'électricité, adoptée en 2024, l'Etat fixera un objectif national indicatif de flexibilités non fossiles (dont les effacements et le stockage) d'ici début 2027 sur la base d'un rapport sur les besoins en flexibilité du système électrique confié à RTE/ENEDIS et modifié et approuvé par la Commission de Régulation de l'Energie (CRE). La CRE a pour mission de surveillance des marchés de gros et pourrait, si elle identifie des manipulations de marchés, engager les procédures d'enquêtes et de sanctions.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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