Question écrite
✓ Répondue le 30/06/2026
sécurité des biens et des personnes
Politique de prévention des incendies dans le Vaucluse
Posée le 15/07/2025 • Ministère interrogé : Ministère de l'intérieur
Hervé de Lépinau RN
Député — Vaucluse (3)
La question
M. Hervé de Lépinau interroge M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur la politique de prévention des incendies dans le Vaucluse. De violents incendies frappent actuellement le sud de la France, notamment dans la région PACA et en Occitanie. Les feux ont atteint les abords de Marseille, ravagent l'Hérault et mobilisent d'importants moyens. Cette situation met en lumière la problématique grandissante de la lutte contre les incendies qui menacent nos territoires, dont le département de Vaucluse. Le sous-équipement persiste pour les moyens aériens, malgré l'annonce en 2019 par le Président de la République du renouvellement de la flotte de canadairs. Ces avions vieillissants restent partiellement indisponibles, immobilisés pour maintenance, alors même que la saison des feux s'intensifie d'année en année. Le manque de disponibilité opérationnelle de ces appareils affaiblit gravement notre capacité de réaction rapide face aux départs de feu. De plus, les effectifs départementaux restent sous pression. Depuis le mardi 8 juillet 2025, le Vaucluse est placé en vigilance rouge « risque incendie », un niveau de risque maximum rarement atteint. Cette même semaine, une quarantaine de sapeurs-pompiers ont dû être mobilisés pour contenir un feu moyen à Sorgues et une centaine de sapeurs-pompiers vauclusiens ont été envoyés en renfort dans les Bouches-du-Rhône et dans l'Aude, réduisant la capacité d'intervention locale. Dans ces conditions, il souhaiterait savoir si le ministère prévoit des effectifs supplémentaires pour le département de Vaucluse, ainsi que des mesures de prévention adéquates et un plan d'investissement dans la lutte contre les incendies.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 30/06/2026
Le ministère de l'intérieur a engagé plusieurs mesures au service de la politique de prévention et de lutte contre les incendies de forêt. Elles reposent notamment sur la définition d'un niveau d'équipement rehaussé via des concours financiers directs de l'État au soutien des investissements des services d'incendie et de secours. Initiée à cette fin en 2019, la démarche dite des pactes capacitaires permet depuis 2023, d'améliorer la réponse opérationnelle des services d'incendie et de secours (SIS) aux risques en matière de feux de forêts (FDF) avec 150 millions d'euros (M€) de subventions de l'État ouverts au titre de la loi de finances pour 2023. Ainsi, et afin de renforcer les moyens des services d'incendie et de secours locaux, 51 colonnes de renfort ont été identifiées à l'occasion des saisons estivales 2024 et 2025, soit 3 500 sapeurs-pompiers et sapeurs-sauveteurs, et plus de 700 véhicules d'intervention spécifiques, dédiés à la lutte contre les feux de forêts. Ces crédits sont venus compléter les 30 M€ adossés à la LOPMI 2023-2027 au titre des risques complexes et/ou émergents (RCE). Les subventions octroyées dans le cadre du Fonds vert ont permis de développer les capacités de surveillance et de détection. Par ailleurs, face aux évolutions climatiques qui modifient durablement la cartographie des risques auxquels la France est confrontée, la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) du ministère de l'intérieur a mis en place une stratégie d'adaptation de la réponse de sécurité civile face aux défis climatiques à l'horizon 2050. Ainsi, depuis 2023, le dispositif national de lutte contre les feux de forêt est coordonné chaque été par l'état-major de la DGSCGC depuis la base aérienne de Nîmes-Garons, où est positionnée la majeure partie de la flotte de sécurité civile. Ce centre opérationnel dédié a fait la preuve de sa pertinence et de son efficacité au cours des trois dernières saisons pour lesquelles l'activité opérationnelle était généralisée à l'ensemble du territoire, notamment en 2025. Afin de renforcer les capacités d'analyse et d'anticipation des dangers, la DGSCGC et la direction générale de la performance économique et écologique des entreprises (DGPE), chargée des forêts, a par ailleurs développé avec les services de Météo France et de l'Office national des forêts, une expertise sur les dangers liés aux feux de forêts. Déployée en zone Sud depuis plusieurs décennies, cette expertise a été étendue à la zone Sud-Ouest en 2023 et à la zone Ouest en 2024, couvrant ainsi 55 départements. Elle permet de déterminer précisément les secteurs au sein desquels le risque sera le plus important et l'éventuelle nécessité d'y prépositionner des moyens terrestres ou aériens complémentaires. En adaptant au plus juste la posture opérationnelle à des zones de danger ciblées, l'objectif est de maintenir la stratégie d'attaque des feux naissant et d'éviter tout développement d'un feu. En ce qui concerne les moyens aériens de lutte contre les feux de forêts, en 2025, 39 aéronefs constituent la flotte nationale. Aux 12 Canadair, 8 Dash et 3 BEECH appartenant au ministère de l'intérieur, se sont ajoutés 6 hélicoptères lourds, 4 hélicoptères légers et 6 avions légers. Cette flotte a pour vocation d'être prépositionnée au plus près des dangers, tout en conservant une capacité d'attaque massive d'éventuels feux en extension. La location de ces vecteurs supplémentaires représente en 2024 et 2025 un effort financier de l'Etat de plus de 24 M€. Entamée en 2023, l'extension d'un réseau de communication Air-Sol dédié aux avions bombardier d'eau, s'est poursuivie en 2024 et 2025 avec le déploiement de plusieurs relais en zone Ouest. 3 zones de défense (Sud, Sud-Ouest et Ouest) sont désormais couvertes par ce dispositif permettant la coordination des opérations aériennes depuis le CNCASC ou le COGIC sur près de 75 % du territoire métropolitain toute l'année. Chaque été, des détachements terrestres et aériens sont déployés dans les départements méditerranéens, en Corse et dans le Sud-Ouest afin de pouvoir intervenir sans délai au cœur des secteurs à risque. D'autre part, les avions bombardiers d'eau ont pu s'appuyer sur un réseau national de pélicandromes étendu à 24 stations, 4 de plus qu'en 2022, qui seront prochainement complétées par 4 nouveaux sites identifiés en 2025. Enfin, le protocole Héphaïstos liant le ministère de l'intérieur au ministère des armées dans le cadre de la lutte contre les feux de forêt permet quant à lui d'intégrer plusieurs détachements au dispositif national : 3 hélicoptères, 2 modules de surveillance et 3 groupes du génie (bulldozers) déployés dans la moitié sud du pays. Ce dispositif peut également être complété au besoin par des sections à pied afin de participer à l'extinction des lisières sur des chantiers d'envergure à l'instar de ceux du Sud-Ouest en 2022. En ce qui concerne la prévention du risque feu de forêt, portée par le ministère en charge des forêts, les massifs identifiés à risque sont régulièrement mis à jour afin de tenir compte de l'extension du risque incendie. Le dispositif de surveillance estivale par les patrouilles forestières a été étendue depuis 2023 à l'ensemble du territoire (hors DOM) en s'appuyant soit sur la mission d'intérêt général de l'office national des forêts (ONF) soit en dotant les associations de propriétaires forestiers privés (en Aquitaine notamment) ou les comités communaux feux de forêt. Les obligations légales de débroussaillement (OLD) ont fait la preuve de leur efficacité. Elles permettent à la fois de prévenir les départs de feux, préserver les espaces naturels ainsi que la biodiversité associée et à la fois de créer une ceinture de sécurité en cas de feu de forêt pour protéger les habitations. Un appui aux maires afin d'assurer leur mise en oeuvre est assuré par un appui financier à Communes forestières France qui déploie auprès des élus des formations, et par le renforcement des moyens de contrôle au travers de la mission d'intérêt général de l'ONF. Enfin, afin de permettre aux services de secours d'intervenir rapidement et efficacement, les moyens permettant d'équiper les massifs (pistes d'accès, points d'eau, dispositifs de surveillance,…) ont été augmentés grâce à la planification écologique (34 M€ en 2024 et 19 M€ en 2025).
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗