Question écrite ✓ Répondue le 30/06/2026 sécurité des biens et des personnes

Violences et narco-banditisme à Mâcon : l'État doit reprendre le contrôle

Posée le 22/07/2025 • Ministère interrogé : Ministère de l'intérieur

Aurélien Dutremble

Aurélien Dutremble RN

Député — Saône-et-Loire (3)

La question

M. Aurélien Dutremble appelle l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur la situation explosive qui règne à Mâcon (Saône-et-Loire), devenue un véritable foyer de violences urbaines, illustrant l'échec total des politiques de sécurité menées jusqu'à présent. Dans la nuit du samedi 28 au dimanche 29 juin 2025, une rixe opposant 60 à 80 individus armés de barres de fer, machettes, haches et couteaux a éclaté dans les rues de la ville. Ce déchaînement de violence a fait un blessé grave, au pronostic vital engagé, ainsi que six blessés légers, dont trois policiers. L'intervention en urgence des forces de l'ordre et des secours a été indispensable. Selon le syndicat Alliance police nationale, l'un des groupes a même attaqué directement les forces de l'ordre, témoignant de l'affaiblissement de l'État face à la montée de la délinquance et à la perte de contrôle de certains quartiers. Depuis plusieurs mois, Mâcon est le théâtre de « guérillas urbaines » régulières, alimentées par un narcotrafic florissant, comme en témoignent des saisies importantes de drogue et des violences endémiques. Ces évènements révèlent l'ensauvagement d'une partie de la ville où des réseaux criminels imposent leur loi, défiant ouvertement la République. Face à l'extension des zones de non-droit et malgré de nombreuses déclarations dans les médias, la situation à Mâcon est devenue intolérable. Par conséquent, M. le député exige de M. le ministre de l'intérieur qu'il reconnaisse clairement que Mâcon est infiltrée par des réseaux criminels structurés, incarnant un narco-banditisme qui menace gravement la sécurité publique ; mais également qu'il annonce immédiatement les moyens exceptionnels que le Gouvernement mobilisera pour restaurer l'ordre et l'autorité de l'État, y compris la mise en place urgente d'une « zone de reconquête républicaine » et qu'il confirme un renforcement massif et rapide des effectifs policiers ainsi que des capacités d'enquête, rompant avec une passivité insupportable. Enfin, il lui demande qu'il s'engage à une réponse pénale exemplaire et ferme, en coordination avec le parquet, pour punir sévèrement toutes les atteintes graves à l'ordre public afin de parvenir à un réel continuum de sécurité.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 30/06/2026

Face à la délinquance et face à l'impunité, les Français exigent des réponses claires et fermes. Renforcer leur sécurité dans leur vie quotidienne constitue donc une priorité absolue pour le ministère de l'intérieur. Pour y répondre, plusieurs actions ont été engagées : élaboration et déploiement des plans d'action départementaux de restauration de la sécurité du quotidien, notamment pour accroître la présence des forces de l'ordre sur le terrain ; mise en œuvre des « opérations villes de sécurité renforcée » ; lutte contre les rodéos motorisés ; renforcement de la lutte contre les délinquants étrangers en situation irrégulière ; mobilisation totale contre les trafiquants et les consommateurs de drogue et création d'un état-major national de lutte contre la criminalité organisée.  Le combat total engagé contre la délinquance est une réalité dans la Saône-et-Loire comme dans toute la France. L'action des forces de police et de gendarmerie s'inscrit dans le cadre du plan d'action départemental de restauration de la sécurité du quotidien de Saône-et-Loire présenté le 21 février 2025, qui fixe une feuille de route concrète, visant à mobiliser l'ensemble des acteurs du continuum de sécurité, notamment les maires, et identifiant plusieurs priorités opérationnelles, en particulier le renforcement des actions de police dans les quartiers sensibles. Cette action s'appuie sur des moyens conséquents. La direction départementale de la police nationale (DDPN) de Saône-et-Loire compte (avec les circonscriptions de police) 445 agents - dont près de 180 à Mâcon -, contre 431 agents fin 2023 et 424 fin 2016, et dispose de surcroît d'un vivier de plus de 30 réservistes opérationnels. Le groupement de gendarmerie départementale de Saône-et-Loire (GGD71) compte quant à lui 734 militaires, renforcés par 353 réservistes opérationnels. En outre, une brigade de proximité a été créée à Pierreclos le 1er septembre 2024, dans le cadre du projet des 239 nouvelles brigades de gendarmerie. S'agissant de la nuit de la Saint-Sylvestre en Saône-et-Loire, elle s'est déroulée - comme les années précédentes - sans problèmes majeurs dans la zone de compétence de la police nationale. La direction départementale de la police nationale avait pris toutes les mesures utiles pour assurer la sécurisation du nouvel an dans ses 4 circonscriptions de police, mobilisant près d'une centaine de policiers. Les seuls incidents à déplorer la nuit du 31 décembre ont été - hormis 2 incendies de poubelles - les incendies de 3 véhicules légers (1 à Chalon-sur-Saône et 2 à Mâcon) et une prise à partie de policiers à Mâcon, ciblés par des jets de projectiles. Au cours de la nuit du 1er au 2 janvier, a été recensé comme seul incident l'incendie d'un véhicule léger à Chalon-sur-Saône, qui s'est propagé au véhicule voisin, également détruit (le feu ayant par ailleurs endommagé un troisième véhicule, stationné à côté des deux autres). La gendarmerie nationale a mobilisé 268 militaires dans sa zone de compétence pour la nuit de la Saint Sylvestre. Ont été prises en charge par les militaires, 30 interventions, dont notamment un incendie de véhicule suite à un vol. Aucun incident majeur n'a été déploré lors de cette nuit du nouvel an pour la gendarmerie nationale. S'agissant du déchaînement de violences qu'a constitué la rixe survenue dans la nuit du 28 au 29 juin 2025 à Mâcon, opposant des personnes armées (machettes, couteaux, etc.) dans les rues de la ville, et qui a été suivi de troubles le lendemain, la police nationale s'est immédiatement mobilisée en procédant notamment à des décalages d'horaires et à des rappels de personnels. Plus de 25 agents ont été immédiatement déployés. Au sein du peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie de Macon, 5 militaires ont également été engagés en renfort. Des télépilotes de drones ont été déployés par la direction zonale de la police nationale Est. Par ailleurs, pour gérer ces violences urbaines, la DDPN a bénéficié dès le 29 juin de renforts significatifs de CRS, notamment d'unités à projection rapide spécialisées dans les violences urbaines et les troubles graves à l'ordre public, qui sont notamment intervenues la nuit. Durant la nuit suivante, soit du 29 au 30 juin, les CRS et les policiers du commissariat ont fait l'objet de plusieurs tirs de mortiers dans les quartiers La Chanaye et Les Blanchettes. Leur intervention a toutefois permis de rétablir rapidement le calme et les nuits suivantes n'ont plus connu de violences urbaines. Des opérations de contrôles d'identité et de véhicules, ainsi que des opérations de contrôles dans les parties communes d'immeubles, ont également été menées. Ces faits auront causé un blessé grave et six blessés légers, dont trois policiers. Aucun élément d'enquête ne lie à ce jour ces violences - qui semblent relever de tensions communautaires et de rivalités inter-quartiers - au trafic de stupéfiants. Elles n'en sont pas moins lamentables et scandaleuses. L'enquête, confiée à la police judiciaire de Mâcon, a abouti à l'interpellation rapide de cinq personnes. Une information a été ouverte et l'enquête se poursuit sur commission rogatoire. Ces faits, aussi graves soient-ils, ne sont toutefois pas le reflet d'une situation qui serait devenue hors de contrôle dans le département. Si la réalité de la délinquance ne saurait y être sous-estimée, et que le sentiment d'insécurité ressenti par bien des habitants est une réalité, les données statistiques font toutefois apparaître une situation contrastée. Certains indicateurs (ex. : tentatives d'homicide, violences physiques) sont à la hausse, d'autres en revanche sont orientés à la baisse (ex. : vols violents, cambriolages, vols de véhicules). Par ailleurs, la plupart des indicateurs de la délinquance se situent sous la moyenne nationale, ainsi que le fait apparaître l'Atlas départemental de la délinquance enregistrée en 2024 publié par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), librement accessible sur le site internet Interstats. S'agissant de la ville de Mâcon, sa situation est assez comparable à celle d'agglomérations de taille similaire.  En tout état de cause, dans le département, police nationale et gendarmerie nationale sont mobilisées jour après jour pour faire reculer la délinquance et notamment lutter contre le trafic de stupéfiants, à l'origine d'une large part de la délinquance. Car quels que soient les chiffres, la délinquance constitue une réalité devenue insupportable pour nos concitoyens et doit être combattue avec la plus totale détermination.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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