Question écrite ✓ Répondue le 07/07/2026 consommation

Protection des acheteurs en cas de faillite d'une entreprise

Posée le 05/08/2025 • Ministère interrogé : Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique

Vincent Thiébaut

Vincent Thiébaut HOR

Député — Bas-Rhin (9)

La question

M. Vincent Thiébaut attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique sur l'absence de protection des acheteurs en cas de faillite d'une entreprise ayant perçu un acompte. De nombreux particuliers, dans le cadre de travaux, d'achats de biens ou de prestations de services, versent des acomptes à des entreprises. En cas de défaillance ou de faillite de l'entreprise avant l'exécution complète du contrat, ces sommes sont souvent perdues, plaçant les acheteurs dans des situations financières délicates, voire dramatiques. Cette problématique touche notamment les secteurs du bâtiment, de la rénovation, de la vente de biens sur mesure, mais aussi celui des locations saisonnières, où il arrive que des entreprises ou plateformes fictives, sans existence légale réelle, encaissent des acomptes puis disparaissent. Ces pratiques frauduleuses se développent et mettent en évidence la vulnérabilité des consommateurs face à ce type de montage. Une piste de sécurisation consisterait à instaurer une obligation légale pour toute entreprise percevant un acompte de fournir préalablement à son client une garantie bancaire à première demande. Une telle mesure permettrait de garantir le remboursement immédiat des sommes versées en cas de non-respect des obligations contractuelles, ce qui écarterait la possibilité d'escroquerie par des entreprises inexistantes ou frauduleuses. Ainsi, il lui demande quelles mesures le Gouvernement envisage de mettre en œuvre pour sécuriser les acomptes versés par les acheteurs.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 07/07/2026

L'objectif de sécurisation des acomptes et de protection des consommateurs doit être mis en balance avec la charge financière que représenterait une généralisation à tous les secteurs et toutes les entreprises d'une garantie financière et avec l'impact d'une telle charge sur leur rentabilité et leur croissance. Ce n'est que dans des secteurs ciblés aux plus forts enjeux pour les consommateurs, par exemple en matière d'intermédiation immobilière ou de voyages, que le législateur a imposé aux professionnels de souscrire ce type de garanties. Par ailleurs, dans nombre de secteurs, le montant des acomptes perçus sert en réalité aux professionnels à constituer la trésorerie nécessaire pour engager les travaux/prestations commandées, qu'il ne leur est parfois pas possible de constituer autrement (capitaux propres insuffisants, financements bancaires inaccessibles ou trop onéreux). Avant de contracter avec un professionnel et de payer un acompte, les consommateurs sont invités à se renseigner sur la fiabilité du professionnel, sur sa réputation et à ne pas verser d'acompte représentant une part excessive du total de la commande.  S'agissant d'entreprises ou de plateformes fictives encaissant des acomptes pour des biens/prestations qu'elles n'avaient aucune intention de fournir/réaliser, il s'agit là d'activités relevant du registre de l'escroquerie. Les consommateurs sont appelés à la plus grande vigilance face à des offres proposant des prix anormalement bas, notamment sur Internet, en recherchant des informations sur l'historique et l'ancienneté de la société avec laquelle ils s'apprêtent à contracter, de même que sur l'authenticité des sites Internet dont certains cherchent à piéger volontairement les consommateurs en imitant le site d'entreprises légitimes Les éventuelles tentatives d'escroqueries ne relèvent pas de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et de ses services mais sont à signaler comme telles aux autorités compétentes, notamment via les plateformes de signalement THESEE (escroqueries en ligne) ou PHAROS (contenus illicites) et les victimes sont invitées à déposer plainte. Dès lors que la transaction est conclue au moyen d'une plateforme en ligne, les consommateurs peuvent utiliser le mécanisme de notification rendu obligatoire par l'article 16 du règlement européen sur les services numériques (DSA). Les plateformes sont, en ce cas, et sauf analyse contraire, tenues de considérer qu'il s'agit d'un contenu illicite et de prendre les mesures appropriées telles que le retrait de l'offre. En application de l'article 32 de ce règlement, la plateforme ayant connaissance d'une offre illicite par un vendeur professionnel doivent en informer les consommateurs ayant acquis le produit dans les six derniers mois et leur indiquer tout moyen de recours pertinent. Indépendamment des achats réalisés en ligne, la plus grande vigilance est recommandée aussi en cas de démarchage à domicile ou dans les foires et salons. Dans certains secteurs, comme par exemple en matière de rénovation énergétique, d'utilisation du compte CPF et de travaux d'adaptation du logement à la vieillesse et au handicap, le démarchage téléphonique est même interdit (sauf contrat en cours avec le professionnel). Plus généralement, le Gouvernement appelle à suivre les conseils du Guide de prévention contre les arnaques en ligne, de la « Task force » nationale de lutte contre les arnaques, téléchargeable sur le portail Francenum à l'adresse suivante :  https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/dgccrf/documentation/publications/depliants/guide-tf-actualise.pdf

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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