Question écrite ✓ Répondue le 30/06/2026 lieux de privation de liberté

Installation de filets dans les prisons pour lutter contre les drones

Posée le 09/09/2025 • Ministère interrogé : Ministère de la justice

Éric Michoux

Éric Michoux UDDPLR

Député — Saône-et-Loire (4)

La question

M. Éric Michoux interroge M. le ministre d'État, garde des sceaux, ministre de la justice, sur l'installation de filets dans les prisons pour lutter contre les livraisons par drones. Effet, la multiplication de ces livraisons sauvages inquiète particulièrement l'administration pénitentiaire et ses agents. Les drones servent à livrer directement et rapidement des téléphones ou de la drogue dans les prisons françaises. La Saône-et-Loire n'échappe pas à ce phénomène et elle a été récemment le théâtre de ces livraisons. Ainsi, dans la nuit du 19 au 20 août 2025, la prison de Varennes-le-Grand a été survolée 23 fois par des drones. Si l'utilisation de brouilleurs est possible, force est de constater que peu d'établissements en sont équipés : moins de 50 en 2024. Ces brouilleurs présentent de nombreux inconvénients en plus de leur coût élevé : interférences avec d'autres systèmes électroniques, risques de dommages collatéraux et portée limitée. De plus, les constructeurs de drones intègrent de plus en plus des systèmes pour contrer les brouilleurs. Pourtant, une solution alternative et de bon sens existe avec le déploiement de filet ou de filins. Ce système permet de lutter effectivement contre l'intrusion de drones et d'empêcher ces livraisons sauvages au-dessus des prisons. Aussi, il souhaite savoir si le Gouvernement entend déployer massivement des filets anti-drones.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 30/06/2026

La lutte contre les drones malveillants est une priorité de l'administration pénitentiaire, afin de garantir la sécurité des établissements en empêchant la circulation en détention de produits illicites et les communications illégales des personnes détenues avec l'extérieur. Les filets anti-drones sont des dispositifs de protection physique conçus pour sécuriser des zones contre les drones en vol et prévenir les incidents sur l'ensemble des établissements pénitentiaires du territoire. Il rentre dans le cadre du plan de sécurisation annoncé par le ministre depuis fin d'année 2025.  L'installation de ces filets pour couvrir massivement les établissements pénitentiaires constitue une opération particulièrement complexe et coûteuse. En effet, pour l'installation de ce type d'équipements, de nombreux paramètres sont à prendre en compte : le type de filet (inox, polyamide, etc.), le niveau de tension, la hauteur ou encore la largeur des cours de promenade. De plus, il est nécessaire que les murs ou poteaux soient en capacité de soutenir le montage, afin d'assurer qu'il n'y a aucun risque d'effondrement, ce qui nécessitent des études poussées, incluant des expertises géotechniques ou densitométriques. En outre, les poteaux de soutien des filets anti-drones ne peuvent pas être implantés dans toutes les cours de promenade, au risque de présenter un potentiel moyen d'évasion. C'est pourquoi les dispositifs de détection, caractérisation et neutralisation des drones (DCND) sont également privilégiés en complément pour la lutte contre les drones malveillants. Un plan volontariste de déploiement des DCND est en cours pour équiper les établissements particulièrement sujets aux livraisons par drone. En février 2026, 62 établissements sont équipés et fonctionnels sur les 78 dispositifs qui ont été commandés. Les 16 derniers dispositifs seront déployés d'ici la fin de l'année 2026. La direction générale de l'administration pénitentiaire a également conclu en 2026 un nouveau marché de maintenance des DCND, permettant de prendre en compte les nouvelles menaces et évolutions technologiques ; sous réserve des disponibilités budgétaires, ce dispositif permettra d'étendre le nombre de sites équipés.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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