Question au Gouvernement
✓ Répondue le 13/05/2026
santé
Hantavirus
• Ministère interrogé : Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Léa Balage El Mariky ECOS
Députée — Paris (3)
L'échange en séance
HANTAVIRUS
Mme la présidente. La parole est à Mme Léa Balage El Mariky.
Mme Léa Balage El Mariky. Madame la ministre de la santé, l'hôpital Bichat à Paris, dans ma circonscription, accueille des cas contacts de l'hantavirus ainsi que le premier cas confirmé en France. Toute la nation a les yeux rivés sur cet hôpital. Chers collègues, j'ai un scoop pour vous : le gouvernement et l'AP-HP prévoient de le fermer. (Mme la ministre de la santé fait un geste de dénégation.) Hier, sur France Inter, vous avez salué l'excellence du service des maladies infectieuses de l'hôpital Bichat. En effet, cet hôpital fait la fierté de notre pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)
Mais voici la contradiction majeure : comment peut-on saluer le rôle stratégique d'un hôpital dans la gestion des crises sanitaires tout en organisant sa disparition ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs du groupe SOC.)
Depuis 2020, 5 000 lits ont été supprimés dans le pays et, demain, l'hôpital Bichat sera sacrifié. Je veux rendre hommage aux soignants, aux syndicats, aux élus locaux qui se battent pour le préserver. Depuis des années, on demande aux soignants de faire toujours plus avec toujours moins de moyens. Malgré la multiplication des crises sanitaires, vous n'avez retenu aucune des trois leçons du covid. Pourtant, en cas de nouvelle épidémie, les applaudissements à 20 heures ne suffiront pas.
La première leçon, c'est que notre santé dépend de celle de la planète. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe SOC.) Les épidémies liées aux zoonoses progressent partout dans le monde. Elles sont directement liées à la destruction des écosystèmes, accélérées par le dérèglement climatique et la mondialisation des échanges.
La deuxième leçon, c'est qu'un pays résiste aux crises grâce à son service public, notamment hospitalier : des lits disponibles, des soignants formés, des établissements de proximité capables d'absorber un choc sanitaire. (Mêmes mouvements.)
La troisième leçon, c'est celle de la transparence. Les Français ont le droit de savoir si nous sommes prêts. Quels sont les stocks disponibles ? Quelles sont les capacités hospitalières réelles, notamment à l'approche de l'été ? Quels sont les protocoles prévus en cas d'aggravation ?
Alors, madame la ministre, vos louanges seront-elles inscrites sur l'acte de démolition de l'hôpital Bichat, ou traduisent-elles enfin un engagement clair envers les soignants et l'hôpital public ? Allez-vous tirer les leçons de la crise du covid et garantir une stratégie transparente et cohérente ? (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs du groupe SOC. – M. Stéphane Peu applaudit également.)
Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.
Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées. Vous l'avez dit, et il est important de l'expliquer aux concitoyens qui nous écoutent, les cinq passagers français du bateau ont été rapatriés de manière sécurisée dans des avions sanitaires dédiés et avec des professionnels, puis ils ont été hospitalisés dans des chambres elles aussi très sécurisées à l'hôpital Bichat, avec des flux d'air qui empêchent la propagation d'un virus et des professionnels très formés à cette prise en charge. Permettez-moi de saluer l'ensemble des professionnels qui, à Bichat comme ailleurs, prennent en charge ces passagers et tous les patients. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur quelques bancs du groupe DR.)
Vous l'avez dit aussi, nous devons raisonner en toute transparence. J'ai commencé à le faire devant vous il y a un instant. Je suis convaincue que les responsables politiques et les gouvernements ne peuvent gérer les crises, dans ce domaine comme dans les autres, qu'en donnant les éléments de vérité aux Français.
C'est ce que le premier ministre et moi-même faisons depuis le début des événements sur lesquels vous m'interrogez, en communiquant sur les données – qui peuvent aussi évoluer en fonction des connaissances. J'ai proposé à des scientifiques que le premier ministre a rencontrés hier soir d'organiser cet après-midi une conférence de presse en leur présence (M. Jean-François Rousset applaudit), pour que les Français disposent des mêmes informations scientifiques que le premier ministre.
M. Inaki Echaniz. Et Bichat, ça ferme ?
Mme Stéphanie Rist, ministre. Il n'est pas prévu de fermer cet hôpital.
Je voulais livrer les éléments constitutifs d'un socle de confiance, plutôt que d'entrer dans des débats qui nous animent lors de chaque séance de QAG. Oui, nous soutenons l'hôpital.
Mme Léa Balage El Mariky. C'est nouveau !
Mme Stéphanie Rist, ministre. Nous l'avons fait dans le budget, par une augmentation de l'objectif national de dépenses d’assurance maladie.
Je suis d'ailleurs aux côtés de l'ensemble des soignants de notre pays : demain, je participerai à une réunion avec eux pour parler de l'hantavirus.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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