Harmonisation fiscale européenne
P Philippe BonnecarrèreUC Sénateur — TarnLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 10/11/2017M. François Grosdidier. Ce ne sont pas les mêmes références que le Premier ministre !
M. Christophe Castaner, secrétaire d'État. Vous le savez, mesdames, messieurs les sénateurs, en la matière, il ne faut pas rechercher la polémique, mais l'efficacité. (Applaudissements sur quelques travées du groupe La République En Marche et du groupe socialiste et républicain.)
Or, pour être efficace, il ne faut pas agir seulement à l'échelle franco-française, mais rechercher systématiquement le bon échelon. En l'occurrence, vous avez raison, monsieur Bonnecarrère, c'est l'échelon européen qui est pertinent.
Le Président de la République, dans son discours du 26 septembre dernier à la Sorbonne, a justement rappelé ces exigences qui doivent tous nous mobiliser.
En réalité, ce système organisé d'optimisation fiscale, qui peut parfois avoir un paravent légal, nécessite de s'interroger sur la moralité et la fierté de payer ses impôts en France quand on est chef d'entreprise, acteur ou, tout simplement, citoyen.
C'est bien la volonté de trouver le bon niveau d'intervention qui a conduit le ministre de l'économie et des finances à réaffirmer, lors du dernier conseil ECOFIN, la volonté de la France de progresser vers des mesures effectives et ambitieuses.
C'est aussi dans cet esprit qu'il a agi et qu'il mobilise actuellement l'ensemble des pays européens pour taxer de façon efficace ce qui engendre du profit dans l'activité numérique, et nous savons les incidents que cela porte.
Il est nécessaire que nous nous mobilisions tous, quelles que soient nos origines politiques, autour des deux propositions de modification de la directive présentée à la Commission en 2016 pour concrétiser le projet d'assiette commune consolidée de l'impôt sur les sociétés, justement pour éviter les fraudes.
M. le président. Il faut conclure !
M. Christophe Castaner, secrétaire d'État. Afin de favoriser leur bon aboutissement, la France et l'Allemagne ont acté ainsi de travailler ensemble.
Enfin, vous avez raison, monsieur le sénateur, il est nécessaire, compte tenu des enjeux, d'amplifier notre effort et d'aller vers le principe de la majorité qualifiée, lequel est indispensable pour conduire des politiques adaptées à ces systèmes qui détournent l'essence même de la fiscalité qui doit tous nous rassembler. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche, ainsi que sur quelques travées du groupe socialiste et républicain et du groupe Union Centriste.)
M. le président. La parole est à M. Philippe Bonnecarrère, pour la réplique.
M. Philippe Bonnecarrère. Au-delà de la conviction européenne que nous partageons, monsieur le secrétaire d'État, autorisez-moi à formuler une demande : il conviendrait d'associer mieux et plus le Parlement au travail de lutte contre l'évasion fiscale. (Applaudissements sur les travées du groupe Union Centriste et sur quelques travées du groupe Les Républicains et du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.)
Source : senat.fr ↗
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