Situation dans les EHPAD
L Laurence CohenCRCE Sénatrice — Val-de-MarneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 02/02/2018Je rappelle que nous allons passer de 1,5 million de personnes âgées de plus de 85 ans à 5 millions en 2050. L'État assume. L'État s'engage dans cette évolution du grand âge.
Nous augmentons les crédits alloués aux soins de plus de 400 millions d'euros. Je rappelle que, sur la partie « soins », le financement de la sécurité sociale est passé de 5 à 10 milliards d'euros entre 2007 et 2017.
Au total, pour cette année, ce sont 160 millions d'euros supplémentaires que nous allons allouer aux EHPAD : 72 millions d'euros pour recruter du personnel et améliorer les prises en charge ; 10 millions d'euros pour recruter des infirmières de nuit ; 28 millions d'euros supplémentaires pour accompagner les EHPAD en difficulté ; enfin, j'ai débloqué, c'est exact, 50 millions d'euros supplémentaires pour appuyer ponctuellement les EHPAD, notamment publics, qui rencontrent le plus de difficultés dans les régions.
Je rappelle que le modèle de financement est complexe. Il concerne l'État, les départements et les usagers. L'État a en charge la partie « soins ». En quelques années, les résidents accueillis en EHPAD sont de plus en plus dépendants, car ils restent plus longtemps à domicile. Outre que cette évolution rend le travail des aides-soignants plus difficile, elle pose la question de la médicalisation et de l'importance du travail avec les médecins coordonnateurs et les infirmiers.
La partie « dépendance » est assumée par les départements, via l'allocation personnalisée d'autonomie, l'APA. Et il est primordial de travailler sur la dépendance, main dans la main, avec l'ensemble des présidents des conseils départementaux et des fédérations hospitalières, afin d'assurer l'évolution de notre système face à l'augmentation du nombre de personnes âgées dépendantes. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche.)
M. le président. La parole est à Mme Laurence Cohen, pour la réplique.
Mme Laurence Cohen. Madame la ministre, vous ne répondez pas au caractère d'urgence de la situation que vivent aussi bien des personnels que des résidents. La réforme de financement des EHPAD va pénaliser les établissements publics et non lucratifs, qui accueillent le plus grand nombre de personnes en difficulté.
Je salue les deux départements qui ont refusé, à ce jour, d'appliquer cette réforme : les Côtes-d'Armor et celui que je représente, le Val-de-Marne.
Il y a urgence à abroger la réforme de la nouvelle tarification. Il y a urgence à maintenir les effectifs et à embaucher. Ce problème se posera non sur la courte durée, mais sur la longue durée.
Madame la ministre, il est très important d'opter pour une vraie solution durable et de créer un service public de l'autonomie pour les personnes âgées. En effet, la perte d'autonomie, qui fait partie intégrante de la vie et dont il faut tenir compte, n'est pas un risque à abandonner aux assurances privées ! (Applaudissements sur les travées du groupe communiste républicain citoyen et écologiste.)
Source : senat.fr ↗
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