Dénormalisation du vin
Nathalie DelattreRDSE
Sénatrice — Gironde
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 16/02/2018M. François Patriat. Limitée… (Sourires.)
M. Édouard Philippe, Premier ministre. … moins importante que d'autres productions agricoles, de vous répondre ! (Rires.)
Comme le Président de la République, comme vous, manifestement, comme des millions de Français, j'aime le vin. (Ah ! sur les travées du groupe Les Républicains. – Applaudissements sur diverses travées.)
M. André Reichardt. Très bien !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Cela n'a pas toujours été le cas de tous les grands élus de notre pays… (Rires et applaudissements sur de nombreuses travées.)
M. Jean-Claude Requier. C'est vrai !
M. Roger Karoutchi. Encore une agression… (Sourires.)
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Quoi qu'il en soit, madame la sénatrice, même sans y goûter, on peut reconnaître la place particulière qu'occupe le vin dans la culture et dans l'imaginaire français, et l'attachement des Français à ce produit.
Vous nous dites que le Gouvernement, par la voix de Mme la ministre des solidarités et de la santé, serait engagé dans je ne sais quelle croisade contre le vin. Permettez-moi de vous dire que votre propos, que j'entends, que je respecte, m'apparaît outrancier. (Exclamations sur des travées du groupe Les Républicains.)
M. François Patriat. Oui, c'est vrai !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Je le dis comme je le pense.
Madame la sénatrice, d'où tenez-vous que ce gouvernement aurait pris des mesures défavorables aux viticulteurs et à la culture du vin ? Peu de gens le disent, mais vous savez que les négociations internationales menées par la Commission européenne facilitent les exportations et apportent des protections plus solides aux producteurs français de vin. J'observe que, y compris chez ceux qui se targuent d'aimer et de défendre la profession vitivinicole, on dénonce volontiers ces négociations commerciales, en oubliant qu'elles ont également souvent pour objet, et pour effet, de permettre un accroissement et une facilitation des exportations de produits français.
M. Jean Bizet. Exact !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Madame la sénatrice, ce gouvernement aurait-il modifié en quoi que ce soit la fiscalité applicable au vin ? Il n'en est rien.
M. François Patriat. Tout à fait !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Pouvez-vous imaginer une seconde que la ministre des solidarités et de la santé, qui, durant sa vie professionnelle, a été médecin et professeur d'hématologie, dise publiquement que le vin ne comporte pas d'alcool et que la consommation d'alcool n'a pas d'impact sur la santé publique ? (Exclamations sur des travées du groupe Les Républicains.)
M. Gilbert Bouchet. Et les taxes ?
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Ce que nous souhaitons faire, c'est développer un usage modéré. Je crois que tout le monde ici accepte l'idée qu'il faille boire le vin avec modération. (Marques d'ironie sur des travées du groupe Les Républicains.)
M. Jacques Genest. Ne trompez pas les Français !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Si vous considérez qu'il n'y a pas là de sujet de santé publique, dites-le ! (Protestations sur des travées du groupe Les Républicains.)
M. Jacques Genest. Mais ce n'est pas le vin, le problème !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Madame la sénatrice, ce que je vous propose, c'est de regarder le problème en face. Nous respectons la place particulière du vin dans la culture et dans l'agriculture françaises, mais nous n'allons pas, pour autant, faire semblant et prétendre qu'il n'existe pas de problème de santé publique. Il serait en effet profondément irresponsable de refuser de voir l'autre face de la pièce ! (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche et sur des travées du groupe Union Centriste. – Mme Marie-Noëlle Lienemann, MM. David Assouline et Jean-Pierre Sueur applaudissent également.)
Source : senat.fr ↗
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