Sargasses
V Victoire JasminSER Sénatrice — GuadeloupeLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 25/07/2018Pour autant, force est de constater que, en dépit de la venue, certes tardive, de M. le ministre d'État Nicolas Hulot, en votre compagnie, en Guadeloupe et Martinique les 10 et 11 juin dernier, la situation reste préoccupante.
Les inquiétudes légitimes de la population, des élus et des acteurs socioéconomiques face aux problèmes sanitaires sont grandissantes. Ces inquiétudes demeurent malgré les annonces faites et les mesures prises pour faire face à ce phénomène naturel, notamment en termes d'assurances. L'incidence sur la santé des riverains et sur l'environnement, ainsi que sur l'activité économique et touristique, reste problématique, au vu de l'ampleur du désastre dans certaines zones. Des collectifs se sont également organisés.
Madame la ministre, quelles mesures pérennes et opérationnelles le Gouvernement envisage-t-il de prendre pour accompagner la recherche et l'innovation en vue de récupérer et de valoriser ces algues brunes ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre des outre-mer.
Mme Annick Girardin, ministre des outre-mer. Comme vous le savez, madame Jasmin, l'État est fortement mobilisé sur la question des sargasses. Dès le mois d'avril dernier, j'ai organisé une réunion avec l'ensemble des parlementaires des territoires touchés, pour annoncer un fonds d'urgence de 3 millions d'euros.
Un plan national « sargasses » a été mis en place, ainsi que des plans locaux, pour améliorer la coordination et la réactivité. Notre objectif est de ramasser les algues en quarante-huit heures, pour éviter d'ajouter à une crise écologique et économique une crise sanitaire.
Malheureusement, les échouages continuent depuis plusieurs mois et même s'intensifient. La situation dans les Caraïbes est aujourd'hui inédite.
Mon collègue Nicolas Hulot, ministre de la transition énergétique et solidaire, et moi-même nous sommes rendus sur place en juin dernier pour annoncer des mesures complémentaires, d'ampleur plus importante que les premières mesures annoncées. Une nouvelle enveloppe de 3 millions d'euros a ainsi été débloquée pour faire face à l'urgence du ramassage, ainsi qu'une enveloppe de 5 millions d'euros d'investissements pour équiper les collectivités territoriales en matériel de ramassage.
À cela s'ajoute un réseau de suivi par satellite, le renforcement du suivi sanitaire, avec l'installation de nouveaux capteurs, la mobilisation d'un certain nombre de ressources humaines et une nouvelle ambition dans la coopération régionale. À cet égard, une mission vient d'être confiée par le Premier ministre à votre collègue Dominique Théophile pour analyser les stratégies de prévention et de lutte contre les sargasses suivies dans les États voisins.
Vous le voyez, madame la sénatrice, l'engagement de l'État est réel, dans tous les domaines, au côté des collectivités territoriales. En effet, personne ne pourra répondre seul à ce qui touche aujourd'hui les Caraïbes ! Vous m'avez interrogée plus particulièrement sur deux points.
S'agissant tout d'abord des conséquences économiques des échouages et des assurances, j'ai déjà eu l'occasion d'expliquer que, si les échouages massifs sont une catastrophe et que la cause en semble bien naturelle, l'outil CAT-NAT n'est pas adapté. C'est pourquoi nous avons préféré travailler sur l'urgence du ramassage.
L'outil CAT-NAT n'est pas adapté, parce qu'il ne couvre pas les pertes d'exploitation pour les professionnels. Pour y faire face, nous avons mobilisé l'ensemble des outils d'accompagnement des entreprises, notamment en cas de catastrophe naturelle : moratoire sur les charges fiscales et sociales, suspension des procédures de recouvrement, délais de paiement pour le régime social des indépendants, dispositif de chômage partiel. Toutes ces mesures sont mises en œuvre par les préfets.
Pour ce qui est ensuite de la recherche, l'État, qui organise la recherche publique, est pleinement investi sur ces questions. Il est important de connaître le phénomène et ses origines, mais, soyons clairs, cela ne le ralentira pas.
C'est pourquoi nous mettons l'accent sur la recherche en matière de techniques innovantes de ramassage et de valorisation. Un appel à projets de l'ADEME va être lancé en ce sens dans les prochains jours, pour un million d'euros. Des filières bioplastiques ou de compostage semblent pouvoir offrir des solutions de valorisation.
Ainsi, madame la sénatrice, nous essayons de faire face sur tous les plans au problème des sargasses qui touche aujourd'hui la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et, quelquefois, la Guyane.
M. le président. La parole est à Mme Victoire Jasmin, pour répondre à Mme la ministre.
Mme Victoire Jasmin. Madame la ministre, je vous remercie de votre réponse. Je reconnais que des moyens importants sont mobilisés et de nombreux efforts entrepris.
Il s'agit maintenant de mieux connaître ces algues et leur composition : on pourra ainsi déterminer si elles contiennent des substances susceptibles d'être toxiques et trouver les moyens de mieux les valoriser, pour la fabrication de plastiques, mais aussi peut-être d'engrais.
Malgré les moyens mis en œuvre, la situation reste catastrophique au niveau sanitaire. Les recherches doivent donc absolument être poursuivies.
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Victoire Jasmin
Régime d'embauche des intermittents en outre-mer
Bon fonctionnement du conseil des prud'hommes en Guadeloupe
Dysfonctionnements des services postaux
Dérives au sein de certains centres de santé dentaire