Politique agricole commune
J Jean BizetLes Républicains Sénateur — MancheLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 30/05/2018L'Europe, on s'en souvient, c'est le charbon, c'est l'acier, mais c'est aussi, dès 1957, la PAC et nous y sommes fondamentalement attachés.
La France l'a dit très clairement dès le 2 mai, elle n'acceptera pas cette baisse drastique proposée par la Commission européenne, tout simplement parce qu'elle pourrait emporter des conséquences très importantes sur la viabilité de nombreuses exploitations.
Pour la France, non, la PAC n'est pas une variable d'ajustement ! C'est clair, c'est net, c'est précis, cela a été dit et on le redit ! Stéphane Travert sera d'ailleurs, ce jeudi, à Madrid, avec un certain nombre de ses homologues, pour consolider le soutien à cette politique. Monsieur le président Bizet, nous étions ensemble à Buenos-Aires au mois de décembre, lors de la session ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce, l'OMC. Vous l'avez vu, la France a su, à ce moment-là, pour défendre notre agriculture, réactiver une coalition d'États membres qui avaient arrêté un certain nombre de lignes rouges en matière de négociations commerciales internationales. Nous sommes tout à fait dans cette logique de montrer notre attachement à cette politique.
Il y a d'ailleurs des marges de manœuvre : en matière de recettes, parlons des rabais qui peuvent éventuellement être supprimés plus vite que prévu ! Parlons des ressources propres ! Vous le voyez, monsieur le président, nous avons une ferme détermination à défendre, à Paris comme à Bruxelles, partout, cette politique ! (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche.)
M. le président. La parole est à M. Jean Bizet, pour la réplique.
M. Jean Bizet. Monsieur le secrétaire d'État, permettez-moi deux remarques.
D'abord, il ne nous reste que quelques mois – quelques mois seulement ! – pour trouver des alliés et conclure des accords. La première réunion aura lieu jeudi prochain.
Ensuite, un agriculteur français sur trois vit aujourd'hui – ou plus exactement survit – avec 350 euros par mois.
M. Jean-François Husson. C'est inacceptable !
M. Jean Bizet. Vous imaginez que toute baisse des dotations communautaires aura une répercussion humaine et territoriale dramatique, d'autant que je ne vois pas la stratégie économique agricole de ce pays.
M. Jean-François Husson. Eh oui ! C'est bien le problème !
M. Jean Bizet. Ce qui annonce le déclin de l'agriculture française, et je le redoute ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains et sur des travées du groupe Union Centriste. – M. Franck Menonville applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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