Achat du foncier agricole par des entreprises étrangères
J Joël GuerriauLes Indépendants Sénateur — Loire-AtlantiqueLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 22/06/2018Toutefois, avant d'évoquer un phénomène d'accaparement des terres, il faut examiner la réalité des données.
Un rapport récent du Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux, le CGAAER, s'est intéressé à cette question : aujourd'hui, les investissements étrangers représentent moins de 1 % des transactions. Il est donc difficile, à ce stade, de parler d'un phénomène d'accaparement des terres ; ces opérations relèvent plus de stratégies d'investissement, comme peuvent le faire nos opérateurs à l'étranger.
Néanmoins la vigilance et la transparence doivent être de mise – c'est en ce sens que le Gouvernement entend agir. Les dernières acquisitions sont effectivement révélatrices de démarches de contournement du système actuel. Les outils de régulation du foncier agricole, en l'état, paraissent clairement inadaptés face au développement d'opérations conduites sous forme sociétaire et pouvant aboutir à des phénomènes de concentration.
Les récentes évolutions législatives ont permis d'améliorer le dispositif, avec un droit de préemption accordé aux SAFER pour l'acquisition de la totalité des parts sociales d'une société dont l'objet principal est la propriété agricole. Mais nous constatons que des cessions partielles sont aisément organisées pour contourner ces mesures.
Je souhaite que nous puissions avancer sur ces sujets. Nous nous appuierons, pour effectuer ce travail, sur les conclusions de la mission d'information actuellement menée à l'Assemblée nationale. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche.)
M. le président. La parole est à M. Joël Guerriau, pour la réplique.
M. Joël Guerriau. Dans votre réponse, monsieur le ministre, j'entends un consentement : oui, nous faisons face à un véritable problème !
Je voudrais simplement rappeler un proverbe chinois : « Lorsque le coup de tonnerre éclate, il est trop tard pour se boucher les oreilles ». Nous faisons face aux prémices d'un véritable phénomène : le rachat tous azimuts de terres agricoles par la Chine à travers le monde.
Il faut être très vigilants et prendre les bonnes mesures, afin, demain, de ne pas manquer de terres. Certaines doivent être sanctuarisées, pour éviter le pire. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Indépendants – République et Territoires.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Joël Guerriau
Modalités de versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi par la mairie
Hausse des tarifs des billets d'avion pour le Liban
Euthanasie des chevaux de course pour des raisons économiques
Défis auxquels sont confrontés les producteurs de sel marin en lien avec l'introduction du label bio européen