Heures supplémentaires non récupérées dans la police
Alain MarcUCI
Sénateur — Aveyron
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 11/07/2018Chacune et chacun le sait ici, c'est d'abord le signe de l'engagement total, de la disponibilité, de la conscience professionnelle des effectifs de la police : jamais, jamais, ils ne rechignent à accomplir leur mission au service des Français.
Évidemment, le Gouvernement, en particulier le ministre de l'intérieur, a parfaitement conscience de cette problématique qui représente un enjeu majeur en termes de disponibilité des personnels, de préservation des capacités opérationnelles des services, de santé pour celles et ceux qui s'engagent, mais aussi de finances publiques.
Il est vrai que la transposition des règles européennes sur la santé et la sécurité du travail, en imposant ces durées maximales du travail et des périodes de repos obligatoire, a engendré aussi ces flux, au-delà des sollicitations particulières que nous avons connues, par rapport aux habitudes existantes.
Aujourd'hui, seules les compagnies républicaines de sécurité bénéficient d'une indemnisation des heures supplémentaires, ce qui représente un coût annuel d'à peu près 23 millions d'euros. Pour les autres fonctionnaires de la police nationale, cela représente une dette d'environ 250 millions d'euros ou d'indemnisation du flux d'heures supplémentaires. Aujourd'hui, à l'instant présent, cela n'est pas compatible avec le contexte budgétaire que connaît notre pays.
M. François Grosdidier. Il faut les payer !
M. Christophe Castaner, secrétaire d'État. Un travail est actuellement conduit pour ajuster l'organisation et développer des pratiques qui limitent au strict nécessaire la production des heures supplémentaires,…
M. François Grosdidier. Il faut les payer !
M. Christophe Castaner, secrétaire d'État. … notamment en accentuant le recours aux compensations horaires.
M. François Grosdidier. C'est impossible !
M. Christophe Castaner, secrétaire d'État. Sachez que le ministère de l'intérieur se mobilise aujourd'hui pour que les gendarmes, les policiers, qui exercent leur métier dans ces conditions difficiles, puissent trouver très vite le paiement ou la compensation de ces heures qui sont nécessaires.
M. François Grosdidier. Il faut les payer !
M. Christophe Castaner, secrétaire d'État. Je ne doute pas que, à ce moment-là, celles et ceux qui, de ce côté de l'hémicycle (M. le secrétaire d'État se tourne vers la droite de l'hémicycle), ne cessent de réclamer des baisses de dépenses publiques…
M. François Grosdidier. Pas pour la police !
M. Christophe Castaner, secrétaire d'État. … pourront nous aider à trouver des solutions. (M. François Patriat applaudit. – Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. François Grosdidier. Il faut les payer ! Ces heures ne sont pas récupérables !
M. le président. La parole est à M. Alain Marc, pour la réplique.
M. Alain Marc. Monsieur le secrétaire d'État, les déclarations d'amour comptent et nous faisons des déclarations d'amour à nos gendarmes et à nos policiers. Mais, plus que des déclarations d'amour, on attend souvent des preuves d'amour. En l'occurrence, les preuves d'amour, ce sont le paiement des heures supplémentaires et, nous l'espérons tous, l'amélioration des conditions de travail. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Indépendants – République et Territoires et sur des travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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