Affaire Benalla
J Jean-Claude RequierRDSE Sénateur — LotLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 25/07/2018Je partage en tout point aussi l'idée selon laquelle il ne faut pas confondre les rôles et qu'il faut – c'est d'ailleurs une des garanties de la démocratie – faire en sorte que les procédures puissent aller librement à leur terme.
Vous m'interrogez également sur un sujet immédiatement affleurant dès lors que l'on évoque l'affaire Benalla, c'est le cas au Sénat, mais c'est aussi le cas à l'Assemblée nationale, à savoir la révision constitutionnelle, à la fois pour des raisons liées à l'équilibre des pouvoirs – on peut très bien l'entendre –, mais aussi parfois pour des raisons liées à une opposition de principe aux propositions contenues dans ce projet de révision constitutionnelle. Nous ne pourrons plus discuter à l'Assemblée nationale de ce texte d'ici à la fin de la session extraordinaire. Ce n'est plus matériellement possible. Nous en avons pris acte. Pour autant, devons-nous renoncer à ce projet ?
Un sénateur du groupe Les Républicains. Oui !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. La réponse est non. Ce n'est pas l'effet d'un entêtement quelconque, c'est l'effet d'une conviction : nous pensons que ces dispositions, je suis tout à fait prêt à en débattre, apportent quelque chose au texte constitutionnel. Voilà pourquoi nous voulons soumettre ce projet à la discussion parlementaire, en application des dispositions de l'article 89 de la Constitution.
Nous ne changeons pas de logique. Quoi qu'il en soit, il nous faudra évidemment prendre en compte cet élément nouveau dans la définition du calendrier de travail de la rentrée, aussi bien à l'Assemblée nationale qu'au Sénat. Ce n'est pas forcément quelque chose que l'on peut faire de chic, car, vous le savez, la deuxième partie de l'année est incroyablement occupée par les questions liées notamment à l'examen et au vote du budget. Il faudra donc que nous trouvions le bon moment pour présenter le ou les textes qui s'inscrivent dans ce projet de révision constitutionnelle, et je suis heureux de savoir que, le moment venu, ce débat aura lieu. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche. – MM. Didier Guillaume et Jean-Marc Gabouty applaudissent également.)
M. le président. La parole est à M. Jean-Claude Requier, pour la réplique.
M. Jean-Claude Requier. Le temps médiatique n'est pas le temps parlementaire. Le rythme sénatorial n'est pas rythme de l'Assemblée nationale. Ne cherchons donc pas à coller au flot de l'actualité, au sensationnel et au renouvellement incessant de l'information. Écartons l'émotion et l'agitation. Gardons plutôt la sérénité, la réflexion et la sagesse, qui sont la marque de notre Haute Assemblée. (Applaudissements sur les travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen, ainsi que sur des travées du groupe La République En Marche, du groupe socialiste et républicain et du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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