Politique générale
Jean-Marc BoyerLes Républicains
Sénateur — Puy-de-Dôme
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 12/10/2018C'est vrai, comme vous l'avez dit, les Français s'intéressent à la politique. On dit souvent qu'ils constituent un peuple éminemment politique, qu'ils se passionnent pour la chose publique et qu'ils aiment dire, parfois vivement, quelles sont leurs attentes, leurs aspirations et leur vision de l'avenir.
En revanche, je ne suis pas sûr, monsieur le sénateur, que, comme vous l'avez dit, les Français se passionnent pour les petites choses de la politique. (Vives exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. Ladislas Poniatowski. Un ministre de l'intérieur, c'est une grande chose !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Je suis certain au contraire qu'ils se passionnent pour le fond des sujets ; pour la façon dont nous envisageons l'avenir de la France ; pour la façon dont nous mettons en œuvre la libération des énergies et la capacité à augmenter notre croissance et notre potentiel de croissance ; pour la façon dont nous envisageons la transition écologique et énergétique ; pour la façon dont nous rendons notre pays plus attractif ; pour la façon dont nous allons transformer notre système de retraite.
Il ne vous a pas échappé – cette question me semble au moins aussi importante que celle que vous soulevez, monsieur le sénateur, même si je reconnais que nous puissions avoir une différence d'appréciation sur ce point – que, hier, Jean-Paul Delevoye a présenté les conclusions de la première phase de concertation sur la transformation de notre système de retraite.
M. Gérard Longuet. Mettez-le à l'intérieur !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Ces sujets sont éminemment politiques et passionnants.
S'agissant de la composition du Gouvernement, puisque je m'en voudrais de ne pas vous répondre, vous connaissez les dispositions de la Constitution aussi bien que moi, j'en suis certain. Le Premier ministre propose, le Président de la République décide et nomme les membres du Gouvernement. Le Premier ministre conduit l'action du Gouvernement. Nous sommes très exactement dans l'exécution des dispositions constitutionnelles.
J'ai beaucoup de respect pour les états d'âme, mais je considère que les ministres doivent se consacrer entièrement à leur tâche, à la direction de leur administration et à la mise en œuvre des engagements pris par le Président de la République.
M. Jackie Pierre. C'est pour cela que vous n'en trouvez pas !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. C'est ma façon d'envisager l'engagement politique, monsieur le sénateur, et je suis sûr qu'elle recueille l'unanimité sur ces travées.
Nous le savons tous, lorsque l'on a l'honneur d'exercer une tâche ministérielle, on se doit d'être à la hauteur de cet engagement.
Je vous le dis très tranquillement, monsieur le sénateur, et sans agressivité : vous avez mentionné dans votre question un certain nombre d'éléments qui sont purement et simplement des rumeurs.
M. Philippe Pemezec. Qui les alimente ?
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Je puis comprendre que les réseaux sociaux, les entourages et parfois même la presse soient tentés de les colporter.
Je ne puis que constater l'existence de ces rumeurs, qui tantôt m'amusent, tantôt me consternent et m'affligent. Mais je crois que les Français, qui sont un peuple éminemment politique, ne sont intéressés ni par leur évocation ni par leur commentaire. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche, du groupe Les Indépendants – République et Territoires et du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.)
M. le président. La parole est à M. Jean-Marc Boyer, pour la réplique.
M. Jean-Marc Boyer. Monsieur le Premier ministre, vous restez droit dans vos bottes, sourd aux attentes des Français.
Le remaniement devait être un second souffle ; l'an II du « nouveau monde » va commencer avec un souffle coupé, voire asthmatique.
À en croire vos déclarations d'hier à l'Assemblée nationale, il n'y aurait « pas le début du commencement de la moitié d'une feuille de papier à cigarette » entre vous et le Président de la République, monsieur le Premier ministre. Voilà qui n'est pas rassurant : c'est exactement ce que François Mitterrand avait dit de sa relation avec Michel Rocard ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. – M. le Premier ministre sourit.)
Source : senat.fr ↗
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