Fiscalité des carburants
J Jean-Marc GaboutyRDSE Sénateur — Haute-VienneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 09/11/2018M. Bruno Sido. C'est téléphoné !
M. François de Rugy, ministre d'État. Il traduit un état d'esprit honnête, constructif et lucide sur la réalité comme sur le ressenti des Français. (Mêmes mouvements.)
En matière de pouvoir d'achat, il y a la réalité et il y a le ressenti. Or il faut avouer que, en politique, le ressenti est souvent plus important que la réalité. Vous avez donc raison : il faut tenir compte du ressenti sans perdre de vue la réalité.
Je vais vous donner un exemple concret. Hier, le groupe Total a annoncé, à la suite des discussions que nous avons eues avec lui – tout à l'heure, Bruno Le Maire et moi allons rencontrer les représentants de tous les groupes pétroliers – une baisse de trois centimes du prix de l'essence.
Or quel sera le ressenti à la lecture de cette nouvelle ? Trois centimes, dira-t-on, qu'est-ce que c'est ? Cela ne compte pas !
M. Rachid Temal. Autant qu'une signature !
M. François de Rugy, ministre d'État. Eh bien, l'augmentation de la fiscalité sur l'essence, la taxe carbone qui pèse sur les carburants, représente une augmentation de trois centimes !
M. Alain Fouché. Et le kérosène ?
M. François de Rugy, ministre d'État. Cela dit, je suis conscient que, dans la période actuelle, ressenti et réalité sont difficiles.
M. Bruno Sido. Pourquoi le faites-vous, alors ?
M. Pierre Laurent. Et les profits de Total ?
M. François de Rugy, ministre d'État. Je veux en second lieu souligner la réalité des mesures que nous prenons. Le crédit d'impôt pour la transition énergétique sera une réalité et un ressenti, cette année, pour un million de Français : ils auront reçu une subvention pour faire des travaux dans leur logement et ainsi faire des économies durables sur leur facture de chauffage.
La prime à la conversion pour les voitures est un autre exemple : grâce à cette prime, qui est plus forte pour les ménages non imposables, 250 000 automobilistes peuvent changer de voiture, ce qui n'est pas un petit geste anodin.
Je veux enfin évoquer le chèque énergie.
M. le président. Veuillez conclure, monsieur le ministre d'État !
M. François de Rugy, ministre d'État. Il va passer de 150 à 200 euros. Cela aussi sera, dès 2019, une réalité concrète pour les Français !
Source : senat.fr ↗
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