Sénat et représentation des collectivités territoriales
J Jean-Claude RequierRDSE Sénateur — LotLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 28/11/2018M. Philippe Dallier. C'est Noël, monsieur le Premier ministre !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, monsieur le président Requier, j'ai été maire beaucoup plus longtemps que je n'ai été Premier ministre et il est absolument certain que cela ne changera pas. (Sourires.)
M. Bruno Sido. Ah !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Il est absolument certain que j'aurai été plus longtemps maire que je n'aurai été Premier ministre ! Je vous l'assure, même s'il ne faut rien préjuger ! (Mêmes mouvements.)
J'ai été plus longtemps élu local que je n'ai exercé une autre fonction professionnelle (Sourires et applaudissements.), et j'en suis assez fier, monsieur le président. De toute évidence, c'est dans cet engagement local que j'ai, à la fois, le plus appris dans ma vie et, probablement, eu le sentiment de pouvoir véritablement transformer la vie de mes concitoyens et d'améliorer le destin de ma commune.
Mme Sophie Primas. Vous aviez la taxe d'habitation !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. De ce point de vue, monsieur le président, il n'y a pas photo : on dit que le mandat de maire est le plus beau des mandats, et c'est ce que je pense très profondément.
Ici, les avis, je crois, convergeront dans ce sens.
M. Bruno Sido. C'est sûr !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. J'ai indiqué jeudi dernier devant le Congrès des maires de France, organisé par l'Association des maires de France, l'AMF, que le Gouvernement était disposé à travailler à l'amélioration des conditions d'exercice des mandats, notamment des mandats locaux et des mandats de maire.
On ne choisit pas d'être maire pour l'indemnité dont on peut bénéficier, qui couvre à peine – et parfois pas du tout – les efforts, la mobilisation personnelle, les contraintes que requiert la fonction, sans compter le sacrifice qu'implique l'arrêt de son activité professionnelle ou un passage à mi-temps. (Dites-le à Darmanin ! sur les travées du groupe Les Républicains.)
On choisit de se présenter aux élections, on devient maire parce qu'on a envie de servir, parce qu'on a envie d'être debout et de participer à l'action publique. C'est un engagement admirable et vous ne m'entendrez jamais dire le contraire.
J'ai indiqué que le Gouvernement était prêt à améliorer les conditions d'exercice du mandat. Cela ne passe pas simplement, monsieur le président, par des considérations sur la fiscalité ; cela passe par la conciliation entre l'exercice d'une activité professionnelle et le mandat de maire, cela passe par des considérations sur la protection sociale, cela passe par un ensemble de considérations qui sont d'ailleurs assez différentes selon la taille des communes, selon les contraintes pratiques qui s'exercent sur les maires, selon l'assistance administrative dont ils peuvent disposer dans leur mairie.
Je sais parfaitement qu'être maire d'une ville de 180 000 habitants n'a rien à voir avec le fait d'être maire d'une commune de 1 800 habitants : je n'ai aucun doute qu'il est beaucoup plus difficile d'être maire d'une commune de 1 800 habitants.
L'objectif, c'est ce que j'ai dit devant l'Association des maires de France et c'est ce que je suis heureux de pouvoir dire devant le Sénat, c'est de travailler, en se fondant notamment sur les travaux de votre assemblée, à une vision globale, d'ensemble, non pas du statut de l'élu – je ne suis pas sûr que les élus veuillent un statut –, mais de l'amélioration effective des conditions d'exercice du mandat.
J'ai eu l'occasion de dire à M. le président du Sénat la disponibilité du Gouvernement à cet égard. Nous allons travailler non pas sur un aspect du sujet, mais sur l'ensemble des sujets,…
M. Jacques Genest. Il y en a pour dix ans !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. … parce que je crois qu'il faut les regarder tous pour être efficace et peut-être même, monsieur le président Requier, pour être compris, non pas de cette assemblée, mais de nos concitoyens, qui regardent ces sujets avec un œil souvent bienveillant, mais pas toujours. Nous voulons donc aborder le problème globalement.
S'agissant de la proposition que vous avez formulée sur la révision constitutionnelle, je me dis, à vous entendre, monsieur le président, que le débat sur celle-ci sera passionnant. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche.)
Source : senat.fr ↗
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