Attentat à Strasbourg
A André ReichardtLes Républicains Sénateur — Bas-RhinLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 14/12/2018Monsieur le sénateur, je voudrais d'abord revenir en quelques mots sur le parcours de cet individu. Dès l'âge de dix ans, sans que cela soit inscrit à son casier judiciaire parce qu'il n'y a pas eu de condamnation, il avait fait montre de violence vis-à-vis de l'autorité familiale. Ensuite, au fil de sa vie, il s'est montré comme un individu particulièrement violent et a été condamné plusieurs fois en France et en Allemagne ; il a systématiquement purgé les peines auxquelles il était condamné. La violence s'est encore accrue et cet individu était susceptible d'être arrêté avant-hier matin pour complicité dans une tentative d'homicide.
On le voit, la violence est devenue, au fond, son quotidien. Rien n'indique qu'il se soit radicalisé en prison. En revanche, c'est bien en prison que nous avons détecté sa radicalisation. C'est la raison pour laquelle, à sa sortie de prison, il était identifié et fiché S, inscrit au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste, le FSPRT. Il était en particulier suivi par les services de la DGSI.
Nous devons naturellement tout faire afin que les services compétents aient les moyens nécessaires pour continuer à suivre systématiquement celles et ceux qui présentent de tels risques, mais je vous rappelle que ces risques ne constituent pas une incrimination pénale, sur laquelle nous pouvons intervenir.
C'est la raison pour laquelle les gouvernements précédents et le gouvernement actuel ont fait le choix de doter de moyens exceptionnels les services compétents, notamment ceux de la DGSI : recrutement de plus de 1 900 personnes, 22,5 millions d'euros prévus pour la modernisation des systèmes de renseignement qui sont nécessaires pour assurer le suivi des personnes. Voilà la réponse à votre question sur le plan budgétaire.
Il nous faut aussi agir dans l'immédiat. C'est pourquoi, sous l'autorité du Premier ministre, le Gouvernement a pris une série de mesures, notamment le passage en « urgence attentat » et la mobilisation de 500 militaires dans les vingt-quatre heures ayant suivi l'attaque dont Strasbourg a fait l'objet, ces militaires ayant été redéployés sur l'ensemble des marchés de Noël de l'est parisien – j'ai pu vérifier ce matin que c'était le cas.
M. le président. Il faut conclure.
M. Christophe Castaner, ministre. Le Premier ministre a également annoncé hier soir sa décision de porter les renforts à 1 800 militaires, qui, dans les heures qui viennent, seront mobilisés sur l'ensemble du territoire national. (Applaudissements sur des travées du groupe La République En Marche. – Mme Françoise Laborde et M. Jacques Mézard applaudissent également.)
M. le président. La parole est à M. André Reichardt, pour la réplique, en quelques secondes.
M. André Reichardt. Je vous remercie de vos propos, monsieur le ministre. Je voudrais simplement vous dire que les réponses au terrorisme doivent s'attaquer à ses causes. Sans une lutte déterminée contre la délinquance de droit commun, sans l'abandon de certains communautarismes, parfois acceptés aujourd'hui, sans l'affirmation de notre identité et de notre culture dès le plus jeune âge, dans les écoles, nous n'y arriverons pas ! (Applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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