Enlèvement des épaves en l'absence de fourrière
A Alain CazabonneUC Sénateur — GirondeLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 20/03/2019En particulier, ils ne peuvent pas obtenir l'accord du propriétaire ni la carte grise, pourtant nécessaires pour détruire le véhicule.
Que doivent-ils faire, et sur quoi peuvent-ils s'appuyer pour éliminer ces véhicules, qui non seulement occupent de la place, mais peuvent également être dangereux ?
M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'État.
M. Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse. Monsieur le sénateur Alain Cazabonne, je vous prie de bien vouloir excuser l'absence du ministre de l'intérieur, qui m'a chargé de vous répondre.
En matière de véhicules abandonnés, le maire peut rencontrer trois cas de figure.
S'agissant d'abord des véhicules en voie d'épavisation, s'ils sont privés d'éléments indispensables à leur utilisation normale et ne peuvent être immédiatement réparés, ils peuvent être mis en fourrière et livrés à la destruction à la demande du maire ou de l'officier de police judiciaire territorialement compétent. Si la commune ne dispose pas de fourrière, ces véhicules terminent dans une fourrière gérée par l'État. Si le propriétaire du véhicule est connu, il doit rembourser les frais d'enlèvement, ainsi que les frais de garde en fourrière ; s'il est inconnu, ces frais incombent à l'autorité de fourrière.
Il y a ensuite le cas des épaves : lorsqu'il est constaté qu'un véhicule stocké sur la voie ou le domaine public semble privé des éléments indispensables à son utilisation normale et ne peut être immédiatement réparé, le maire enjoint le titulaire du certificat d'immatriculation de ce véhicule de le remettre en état de circuler ou de le transférer dans un centre de véhicules hors d'usage agréé, dans un délai qui ne peut être inférieur à dix jours, sauf en cas d'urgence.
Si la personne ne respecte pas le délai imparti, le maire a recours à un expert en automobile pour déterminer, aux frais du titulaire du certificat d'immatriculation lorsqu'il est connu, si le véhicule est techniquement réparable : si c'est le cas, le maire procède à la mise en fourrière du véhicule ; dans le cas contraire, il procède à l'évacuation d'office du véhicule vers un centre de véhicules hors d'usage agréé, aux frais du titulaire du certificat d'immatriculation.
Enfin, certains véhicules peuvent constituer des déchets au sens de l'article L. 541-1-1 du code de l'environnement. Face à cette situation, le maire peut mettre en demeure le dernier propriétaire connu de prendre les mesures nécessaires pour que l'épave soit retirée.
À l'issue d'un délai d'un mois, si l'épave n'a pas été enlevée, le maire peut faire procéder d'office à l'enlèvement du véhicule et à son transfert dans un centre de véhicules hors d'usage agréé. Cette opération est toutefois réalisée aux frais de la commune, en l'absence de propriétaire connu.
Telles sont, monsieur le sénateur, les précisions que le ministre de l'intérieur m'a demandé de vous communiquer.
M. le président. La parole est à M. Alain Cazabonne, pour répondre à M. le secrétaire d'État.
M. Alain Cazabonne. Je vous remercie, monsieur le secrétaire d'État, pour cette réponse extrêmement détaillée – et néanmoins brève, ce qui nous fait gagner un peu de temps, monsieur le président !
M. le président. Monsieur le secrétaire d'État, mon cher collègue, je vous en sais gré !
Source : senat.fr ↗
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