Interdiction du glyphosate
Pierre MédevielleUCI
Sénateur — Haute-Garonne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 23/01/2019Il ne faut pas opposer décisions de justice et décisions scientifiques, principe de précaution et rationalité. Ce que je peux vous dire en revanche, c'est qu'en tout état de cause le Gouvernement tout entier, sous la houlette du Premier ministre, est mobilisé à la fois pour faire muter l'agriculture et pour donner aux agriculteurs les moyens de participer à cette transition agroécologique, qui est absolument indispensable.
Le chef de l'État a demandé l'interdiction en France du glyphosate avant le 1er janvier 2021, alors que celle-ci interviendra beaucoup plus tard en Europe.
Mme Buzyn, M. de Rugy et moi-même avons demandé à l'ANSES de revoir toutes les mises sur le marché pour savoir ce qu'il en est réellement.
Je ne crois pas qu'il faille opposer les uns et les autres. D'ores et déjà, le Roundup est interdit depuis le 1er janvier dernier pour les particuliers ; toute dispersion avant les récoltes le sera dès le 1er février prochain, afin de protéger d'éventuels risques, le principe de précaution étant ainsi appliqué.
Je le répète, aujourd'hui, il ne faut pas opposer le principe de précaution et les analyses scientifiques. Les scientifiques doivent faire leur travail. Nous connaissons parfaitement la demande de la société pour que s'applique le principe de précaution quand est en jeu la santé de nos concitoyens. Mon rôle, celui du Gouvernement, c'est de protéger nos concitoyens et, dans le même temps, de donner à l'agriculture les moyens non seulement de muter, mais de continuer à être compétitive, à gagner des parts de marché à l'extérieur, à se développer à l'échelon local grâce aux circuits courts.
Comme l'a très bien dit le Président de la République – c'est la position du Gouvernement –, aucune filière, aucun paysan ne sera laissé sans solution. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche et du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.)
M. le président. La parole est à M. Pierre Médevielle, pour la réplique.
M. Pierre Médevielle. Monsieur le ministre, protéger la population, d'accord, mais il faut aussi protéger les agriculteurs. Notre agriculture doit redevenir l'un des fers de lance de notre économie. Or elle occupe aujourd'hui un cinquième rang totalement indigne de son potentiel. S'abriter derrière le principe de précaution, c'est l'obscurantisme scientifique, c'est le recroquevillement sur soi-même.
Comment peut-on nourrir l'ambition d'une agriculture productive et compétitive à l'échelon européen et mondial et faire subir à celle-ci les états d'âme de juges archaïques et incompétents, ainsi que les phobies et les élucubrations de tous les prédicateurs de la lampe à huile ? Il va falloir faire des choix. Il faut retrouver l'ambition, l'audace et faire confiance à nos chercheurs, à nos experts, à nos agences. C'est ainsi que nous retrouverons le chemin du progrès et de la sécurité.
Vive la République, vive l'agriculture et vive la science ! (Applaudissements sur les travées du groupe Union Centriste et sur des travées du groupe Les Républicains.)
M. Jean Bizet. Vive la science !
Source : senat.fr ↗
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