Niches fiscales
C Claudine ThomasLes Républicains Sénatrice — Seine-et-MarneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 06/02/2019Vous annoncez, dans votre question, que nous aurions décidé de revenir sur certaines niches fiscales. Or il n'en est rien, aucune décision n'ayant été prise. (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.) En revanche, il est important et intéressant d'ouvrir ce débat.
La dépense fiscale peut être un bon levier pour promouvoir des comportements vertueux ou inciter à tel ou tel investissement en direction de l'emploi ou de diverses politiques publiques.
Toutefois, force est de constater que l'accumulation des niches fiscales dans le temps a conduit au démembrement de pans entiers de notre fiscalité et à une perte de lisibilité de celle-ci. Vous avez vous-même souligné que nous affichons parfois des taux de prélèvement extrêmement élevés et que les niches fiscales servent finalement de soupape de décompression, ce qui nuit à la simplicité et à la lisibilité du système fiscal.
Enfin, il y a aussi un phénomène d'optimisation, la superposition des niches permettant à certains contribuables d'être particulièrement avantagés.
Nous pouvons toutefois noter que, depuis 2008, notamment sur l'initiative de Gilles Carrez et de Didier Migaud, ces niches ont été successivement plafonnées.
Nous allons travailler sur ce sujet avec en tête deux impératifs. Le premier est de continuer ce que nous faisons depuis le début, c'est-à-dire diminuer les prélèvements obligatoires sur les ménages et, en aucun cas, taxer les classes moyennes.
M. Philippe Dallier. Allons !
M. Olivier Dussopt, secrétaire d'État. Le deuxième vise à renforcer l'égalité. Ainsi, en matière d'impôt sur le revenu, vous savez certainement que 10 % des contribuables les plus aisés bénéficient de 50 % des 14 milliards d'euros de niches propres au seul impôt sur le revenu. (Protestations sur les travées du groupe Les Républicains.)
Tous les parlementaires, sur tous les bancs, ont toujours voulu clarifier et simplifier le système des niches fiscales. Madame la sénatrice, dans Les Échos, le 9 janvier dernier, quelqu'un disait qu'il fallait tout remettre à plat en matière de fiscalité. Il dénonçait les 350 impôts et taxes, l'accumulation des niches fiscales et le manque de lisibilité. L'auteur de cette phrase frappée au coin du bon sens n'est autre que Laurent Wauquiez ! (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche. – Mme Sophie Taillé-Polian et M. Pierre Louault applaudissent également.)
M. Loïc Hervé. Les grands auteurs !
M. le président. La parole est à Mme Claudine Thomas, pour la réplique.
Mme Claudine Thomas. Monsieur le secrétaire d'État, j'entends vos arguments, mais je vous répondrai malgré tout par quelques chiffres sur l'action de votre gouvernement.
Le déficit commercial de la France devrait battre un record en 2019, à hauteur de 65 milliards d'euros. Le déficit public, qui devait être contenu sous la barre des 3 %, est annoncé à 3,3 % en 2019. Quant au taux de prélèvements obligatoires, que vous estimiez à 44,3 % dans la loi de programmation, il atteindra 45 % du PIB.
Il n'y a pas de quoi pavoiser, monsieur le secrétaire d'État ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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