Contreparties aux aides sociales
S Sophie Taillé-PolianGEST Sénatrice — Val-de-MarneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 20/02/2019M. Pascal Savoldelli. Les privés d'emploi paient des cotisations !
Mme Agnès Buzyn, ministre. Des groupes de travail sur le sujet ont été mis en place et une grande consultation du public sera menée, en vue de fondre ces aides sociales en un revenu universel d'activité, de façon à simplifier l'accès aux droits pour nos concitoyens. C'est bien de cela que nous parlons aujourd'hui, et non des allocations financées par nos cotisations au titre de la sécurité sociale.
Une personne qui, aujourd'hui, touche le RSA sans se voir proposer, au bout de six mois, un contrat d'accompagnement en vue d'une insertion professionnelle – c'est le cas d'un allocataire sur deux – subit une perte de chances. Elle est alors prise au piège d'une trappe à pauvreté, victime d'un déclassement. Il faut aider ces personnes : c'est tout l'enjeu de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté que nous avons mise en place et qui a fait l'objet d'un large consensus.
Il est important, aujourd'hui, que les bénéficiaires des allocations de solidarité s'inscrivent dans une démarche de retour vers l'emploi par l'insertion.
M. Pierre Laurent. Dites aux Français ce que vous voulez faire !
Mme Agnès Buzyn, ministre. Il s'agit là non pas d'adopter une vision punitive, mais d'assurer un accompagnement adapté à chacun, certains de nos concitoyens n'étant pas en mesure, nous le savons, de travailler. Les grandes associations de lutte contre la pauvreté soulignent qu'il est très positif, pour les bénéficiaires de ces allocations, d'être accompagnés vers l'emploi et l'insertion. (Applaudissements sur des travées du groupe La République En Marche.)
M. le président. La parole est à Mme Sophie Taillé-Polian, pour la réplique.
Mme Sophie Taillé-Polian. Pour nous, l'insertion, ce n'est pas la culpabilisation ! Il faut un accompagnement social, pas un contrôle social !
Le Gouvernement a supprimé les emplois aidés : c'était pourtant un exemple d'accompagnement social vers l'emploi.
M. le président. Il faut conclure !
Mme Sophie Taillé-Polian. La majorité de l'Assemblée nationale a rejeté, sans aucun débat, la proposition de loi socialiste créant un revenu de base. C'est bien pourtant des aides inconditionnelles permettant aux gens en difficulté de relever la tête qu'il faut ! (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et républicain et du groupe communiste républicain citoyen et écologiste.)
Source : senat.fr ↗
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