Labellisation « bio »
J Joël LabbéGEST Sénateur — MorbihanLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 27/03/2019Ce sujet concerne trente-huit entreprises, produisant 9 500 tonnes de produits. Le comité de réglementation de l'agriculture biologique y travaille depuis des années, et le Comité national de l'agriculture biologique s'est réuni en octobre dernier, sans pouvoir trancher. Il doit donc se réunir de nouveau le 3 avril prochain, mais, comme il ne pourra pas davantage trancher cette question, le traitement de celle-ci sera reporté au mois de juillet. Voilà le problème !
L'alternative est simple : vous dites qu'il faut interdire cette pratique, mais la France doit-elle sur-transposer les directives ? (Non ! sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. Laurent Duplomb. Certainement pas !
M. Didier Guillaume, ministre. Aujourd'hui, l'agriculture biologique répond à une demande forte de nos concitoyens ; il faut la soutenir. L'agriculture biologique en serre existe aussi ; nous devons également la soutenir. Faut-il chauffer les serres avec de l'énergie fossile, par exemple au fioul ? La réponse est non ! Devons-nous autoriser le fait de chauffer des serres au moyen de panneaux photovoltaïques ou de toute autre énergie renouvelable ?
M. Jean Bizet. La réponse est oui !
M. Didier Guillaume, ministre. C'est cette discussion qui est sur la table ; le monde agricole et l'ensemble de la profession ne se sont pas encore mis d'accord. C'est pour laquelle nous devons encore en discuter, afin de trouver une position de compromis.
Nous devons faire attention à deux risques en la matière : à la surtransposition et au fait de nous mettre en difficulté économique par rapport à d'autres pays. La France est un pays leader dans l'agriculture biologique, nous devons continuer à l'assumer.
Mme Sophie Primas. Très bien !
M. Didier Guillaume, ministre. Évidemment, cultiver des légumes et des fruits hors saison ne correspond pas à ce que nous devons faire dans le cadre de l'agroécologie – c'est pourquoi j'ai indiqué que je n'étais pas favorable à l'agriculture industrielle biologique, et c'est la position du Gouvernement –, mais, pour répondre tranquillement et sagement à votre question, le président du Comité national de l'agriculture biologique proposera de se donner encore trois mois de réflexion afin de rapprocher les points de vue. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche et du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.)
M. le président. La parole est à M. Joël Labbé, pour la réplique.
M. Joël Labbé. Monsieur le ministre, il est désolant de devoir encore reporter l'examen de cette question. On le sait, cette pratique est le fait d'industriels qui veulent s'approprier le marché du bio (Protestations sur les travées du groupe Les Républicains.), alors que, pour nos concitoyens, notre agriculture bio doit être exigeante.
M. le président. Veuillez conclure, mon cher collègue.
M. Joël Labbé. Nous voulons une bio de saison, locale et qui reste en lien avec le sol ! (Applaudissements sur les travées du groupe communiste républicain citoyen et écologiste. – Mme Sophie Primas proteste.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Joël Labbé
Reconnaissance des maladies professionnelles liées aux pesticides des agents territoriaux
Concours sur titre dans la filière médico-sociale
Pollutions de l'eau
Soutien à l'agriculture biologique et transition agricole