Affectation des fonctionnaires ultramarins
N Nassimah DindarUC Sénatrice — La RéunionLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 05/04/2019Il s'agit d'une notion récente : jusqu'en 2017, son application était extrêmement disparate, voire inexistante dans un certain nombre de corps. Depuis la loi de programmation relative à l'égalité réelle outre-mer et portant autres dispositions en matière sociale et économique, dite loi ÉROM, cette disposition a une valeur légale et s'applique à tous les fonctionnaires, quel que soit leur corps, quel que soit leur établissement d'origine et quelle que soit leur catégorie hiérarchique. Cette disposition législative a vocation à s'appliquer absolument partout.
Le Premier ministre s'étant engagé, en septembre 2018, à procéder à une évaluation de ce dispositif, nous avons pu vérifier et observer un certain nombre de situations.
À ce stade, 11 % du volume total des demandes de mutation était accompagné de la demande de reconnaissance d'un centre d'intérêt matériel et moral.
En 2018, 25 % des mutations vers les territoires d'outre-mer ont été effectuées en application de cette priorité légale d'affectation, liée à la justification d'un CIMM.
Enfin, 75 % des demandes de mutation vers les outre-mer au titre de cette justification ont été acceptées, à savoir 734 dossiers sur 971.
L'arrêt du Conseil d'État du 18 mars dernier, que vous avez rappelé, a souligné que cette disposition de la loi ÉROM était d'application immédiate et qu'elle concernait l'intégralité des corps.
L'ensemble des ministres et l'ensemble des responsables d'administration veilleront à ce que cette disposition soit parfaitement respectée.
Nous avons à vérifier cette application, mais nous avons aussi à avoir en tête que les critères qui permettent de justifier d'un CIMM sont arrêtés par la jurisprudence. Peut-être devrons-nous y travailler.
Au-delà des mutations qui permettent le retour vers les territoires ultramarins, nous travaillons aussi à la mise en place de concours nationaux à affectation locale, de manière à rendre possible l'adaptation des politiques de recrutement aux besoins des territoires. Prochainement, un décret sera soumis à la concertation, avant de passer en Conseil d'État. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche.)
M. le président. La parole est à Mme Nassimah Dindar, pour la réplique.
Mme Nassimah Dindar. Monsieur le secrétaire d'État, je vous remercie de votre réponse. Toutefois, vous ne m'avez pas donné entière satisfaction.
Comme vous le savez, la loi ÉROM date de 2017. Les fonctionnaires qui ont travaillé un certain nombre d'années sur le territoire hexagonal demandent souvent à se rapprocher d'un membre de leur famille, parfois vieillissant.
Dans d'autres cas, ils sont eux-mêmes en grande difficulté psychologique,…
M. le président. Il faut conclure !
Mme Nassimah Dindar. … voire en arrêt maladie.
Je vous demande de veiller à l'application de cette disposition au nom de tous les fonctionnaires ultramarins ayant fait une demande de mutation cette année. (Applaudissements sur les travées du groupe Union Centriste et du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen. – Mme Pascale Gruny et M. Alain Joyandet applaudissent également.)
Source : senat.fr ↗
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