Convocation de journalistes par la direction générale de la sécurité intérieure
C Claudine LepageSER Sénatrice — Français établis hors de FranceLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 29/05/2019Concernant les affaires évoquées, je vous rappelle que, en tant que garde des sceaux, il ne m'appartient ni de commenter ni de m'exprimer sur une affaire en cours, et je m'y astreins. C'est la raison pour laquelle je n'entrerai pas dans les détails.
Je veux en tout cas affirmer qu'il s'agit bien ici d'une procédure judiciaire.
Pour ce qui est de la convocation de Mme Ariane Chemin, journaliste au Monde, celle-ci est intervenue dans le cadre d'une enquête préliminaire qui est placée, vous le savez, sous le contrôle du procureur de la République de Paris. Cette procédure a été ouverte à la suite du dépôt de plainte d'un membre des forces spéciales dont l'identité avait été révélée par ce journal.
S'agissant de la convocation par la DGSI d'un journaliste du média Disclose, que vous avez évoquée, elle intervient, là encore, dans le cadre d'une procédure judiciaire menée sous l'autorité d'un magistrat. Cette enquête préliminaire a été confiée à la DGSI par le procureur de la République de Paris, du chef de compromission du secret de la défense nationale. (M. Pierre-Yves Collombat s'esclaffe.)
Juridiquement, ces éléments sont potentiellement constitutifs d'une infraction pénale. Je rappelle que, dans le cadre d'une audition libre comme d'une garde à vue, les personnes convoquées disposent de droits, et en premier lieu de celui d'être assisté d'un avocat pendant leur audition.
Je rappelle également qu'une telle convocation ne préjuge en rien l'éventualité de poursuites qui pourraient être diligentées à l'encontre de ces journalistes.
Enfin, il appartiendra au seul procureur de la République de juger des suites à donner.
Cette convocation, madame la sénatrice, ne doit en aucun cas être lue comme une tentative d'intimidation ou de menace.
M. Pierre-Yves Collombat. Non, bien sûr ! (Sourires sur les travées du groupe communiste républicain citoyen et écologiste.)
Mme Nicole Belloubet, garde des sceaux. Je vous redis ici qu'elle est intervenue dans un cadre juridique précis, respectueux de l'État de droit, et que, tout comme vous et l'ensemble des sénateurs, le Gouvernement est particulièrement attaché à la liberté de la presse. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche.)
Source : senat.fr ↗
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