Prédation de l'ours
Maryse CarrèreRDSE
Sénatrice — Hautes-Pyrénées
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 07/06/2019Cela dit, nous sommes clairs : l'ours est une espèce protégée. Nous avons même procédé à la réintroduction de deux ourses slovènes, à l'automne dernier, dans les Pyrénées-Atlantiques, car nous voulons préserver l'ours des Pyrénées. Il n'y a qu'une dizaine d'ours dans l'ensemble du massif pyrénéen, ce qui rend de toute façon sa préservation fragile. Je vous le dis clairement, comme je l'ai énoncé aux éleveurs et aux élus locaux que j'ai rencontrés : nous ne mènerons pas une politique d'éradication de l'ours dans les Pyrénées.
Nous sommes en revanche au rendez-vous pour aider les éleveurs et les accompagner dans leur cohabitation avec l'ours, ou d'ailleurs le loup, et ce depuis de nombreuses années. D'ailleurs, une réunion se tenait cet après-midi même, à Toulouse, entre des associations de protection de la nature et des organisations agricoles. Malheureusement, des deux côtés, certaines organisations boycottent ces rencontres, ce qui rend à l'évidence difficiles le dialogue et la coopération sur ces sujets.
M. le ministre de l'agriculture et moi-même avons proposé un certain nombre de mesures concrètes. Nous voulons, d'abord, offrir aux éleveurs une meilleure information sur la localisation de l'ours ; nous espérons que chacun jouera le jeu en la matière. Nous entendons également leur octroyer un accompagnement financier renforcé pour la mise en place de mesures de protection des troupeaux ; vous savez que des mesures d'accompagnement sont en place pour les parcs, les chiens et les bergers. Ces mesures sont subventionnées jusqu'à 100 %, et beaucoup d'autres le sont à 70 %. Enfin, nous prévoyons la mise en place d'un dispositif d'effarouchement graduel, ainsi qu'une revalorisation de l'indemnisation. (Applaudissements sur des travées du groupe La République En Marche.)
M. le président. La parole est à Mme Maryse Carrère, pour la réplique.
Mme Maryse Carrère. Si les éleveurs boycottent aujourd'hui la réunion de Toulouse, il y a bien une raison : ils ne croient plus en ces mesures de prévention ! Ils transhument aujourd'hui la boule au ventre, car ils ne voient pas d'avenir dans leur filière. Il est temps d'apporter de vraies réponses pour apaiser leur colère. Je pense qu'il faut que vous fassiez maintenant un pas vers eux ! (Applaudissements sur des travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen, du groupe Les Indépendants – République et Territoires, du groupe Union Centriste et du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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