Naufrage et société nationale de sauvetage en mer
Bruno RetailleauLes Républicains
Sénateur — Vendée
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 12/06/2019J'exprime mon émotion, ma reconnaissance, mon admiration et mes fortes pensées aux familles des victimes, à tous ceux qui se sont engagés avec eux dans cette formidable aventure qu'est le sauvetage en mer et à tous ceux qui ont été incroyablement frappés et émus par ce drame survenu vendredi dernier.
Monsieur le président Retailleau, votre émotion bien légitime est celle d'un responsable politique et d'un citoyen français qui sait reconnaître les héros. Vous êtes ému par le sens du devoir et par le courage dont font preuve des concitoyens qui n'en attendent rien, si ce n'est le sentiment d'accomplir une mission pour laquelle ils s'engagent.
Votre émotion est accrue par le fait que vous connaissez la mer, que vous êtes élu d'un département où l'on n'ignore rien des difficultés inhérentes à la course au large et à l'activité de marins-pêcheurs, un département où l'on sait que la mer donne beaucoup et reprend parfois.
Tous les gens de mer, tous ceux qui ont grandi près de la mer, tous ceux qui l'aiment savent que rien n'est plus fort que les éléments. Lorsque le gros temps menace, il est raisonnable de ne pas se croire plus fort que les éléments.
Pourtant, même s'ils savent que c'est dangereux, trop dangereux, les sauveteurs en mer sortent sans se poser de questions. Nous l'avons tous constaté, dans des circonstances variées, et nous savons l'incroyable admiration vouée à ces hommes et ces femmes « en orange », qui passe par des gestes ou des mots sympathiques, des dons et une fidélité à ce qu'ils représentent.
Comme vous, monsieur le président Retailleau, comme nous tous, la République sait reconnaître ses héros. Je n'ai aucun doute sur le fait qu'elle saura distinguer ceux qui ont pris un risque en connaissance de cause pour servir et pour tenter de sauver un marin.
J'attire l'attention du Sénat et de la représentation parlementaire sur le fait que nous avons déjà considérablement accru l'effort budgétaire à destination de la SNSM, ce qui est juste et légitime. Toutefois, en valeur absolue, ces sommes ne sont pas très importantes. Notre modèle actuel de sauvetage en mer repose non pas sur de très fortes dotations budgétaires, mais sur le bénévolat complet et sur les dons. À la lumière de ce drame, nous devrons nous interroger sur la permanence d'un tel modèle.
Vous le savez, monsieur le président Retailleau, j'ai personnellement présidé les comités interministériels de la mer, à Brest en 2017 puis à Dunkerque en 2018. J'ai l'intention de présider celui qui se tiendra en 2019 et je propose que nous nous interrogions à cette occasion sur le modèle du sauvetage en mer : ce qu'il faut absolument préserver – je pense notamment aux valeurs et aux compétences –, mais aussi ce qu'il faut réparer ou développer. Cette question intéresse les gens de mer comme tous ceux qui, dans notre pays, savent que rien n'est plus beau que de servir ses concitoyens, comme le font les sauveteurs en mer lorsqu'ils s'engagent. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche, du groupe Les Indépendants – République et Territoires, du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen, du groupe Union Centriste et du groupe Les Républicains, ainsi que sur des travées du groupe socialiste et républicain.)
Source : senat.fr ↗
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