Accord avec le Mercosur
C Christine PrunaudCRCE Sénatrice — Côtes-d'ArmorLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 05/07/2019S'agissant de son volet environnemental, il est très clair que toutes les interdictions à la consommation qui pèsent sur les marchandises produites en Europe valent également pour celles qui sont produites à l'étranger, en dehors du territoire de l'Union européenne. (Marques d'ironie sur les travées du groupe communiste républicain citoyen et écologiste et du groupe socialiste et républicain.)
M. Fabien Gay. Bien sûr ! Et le bœuf aux hormones ?
M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État. Il est donc hors de question d'importer du bœuf aux hormones ou tout autre produit traité avec des substances que nous n'utilisons pas, et cela notamment grâce au nouveau règlement vétérinaire européen (M. Fabien Gay s'esclaffe.), qui entrera en vigueur à la fin de 2021.
D'ailleurs, compte tenu des délais dont le Parlement européen et les parlements nationaux auront besoin pour discuter de cet accord avec le Mercosur et l'adopter, ce texte n'entrera pas en vigueur avant le règlement vétérinaire dont je viens de parler et qui, lui, est très protecteur.
Il y a quelques semaines, vous l'avez dit, le Brésil se posait ouvertement la question de quitter l'accord de Paris sur le climat. Or il a manifestement changé d'avis et choisi son camp : à Osaka, le président brésilien a signé le communiqué des Dix-Neuf qui réaffirme justement son soutien à l'accord de Paris. Le président Trump reste le seul représentant du G20 à s'y refuser, raison pour laquelle la France s'est d'ailleurs opposée à l'ouverture de négociations commerciales avec les États-Unis.
Mme Laurence Cohen. Pourquoi signer un accord avec Bolsonaro alors ?
M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État. Il est très clair que nous conservons cette ambition climatique et environnementale.
Pour en revenir aux aspects agricoles, je précise que l'accord de libre-échange contribue à la reconnaissance de la qualité de notre agriculture et de nos indications géographiques protégées, les IGP. (Protestations sur les travées du groupe communiste républicain citoyen et écologiste.)
J'insiste sur ce point, parce qu'un certain nombre de productions – je pense au jambon de Bayonne, ou encore aux vins du Languedoc et du Roussillon, monsieur Cabanel – sont désormais protégées.
Mme Éliane Assassi. Nous voilà sauvés ! (Sourires sur les travées du groupe communiste républicain citoyen et écologiste et du groupe socialiste et républicain.)
M. le président. La parole est à Mme Christine Prunaud, pour la réplique.
Mme Christine Prunaud. Monsieur le secrétaire d'État, je vous trouve bien optimiste. Notre agriculture est de qualité, là n'est pas le problème. Le problème, ce sont les agricultures des autres pays !
Vous devez le savoir, la contestation de cet accord avec le Mercosur va de la FNSEA à la Confédération paysanne. Très nombreux sont ceux qui sont contre ce traité et qui nous le disent.
Vous portez une grande responsabilité, car je présume que cet accord sera ratifié, hélas. Vous faites là une grave erreur, monsieur le secrétaire d'État. Le Gouvernement dans son ensemble commet une grave erreur ! (Vifs applaudissements sur les travées du groupe communiste républicain citoyen et écologiste.)
Mme Laurence Cohen. Bravo !
Source : senat.fr ↗
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