Mise en application de l'article 44 de la loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire
J Jean-Pierre MogaUC Sénateur — Lot-et-GaronneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 05/07/2019Or cette disposition ne tient pas compte des LMR, ou limites maximales de résidus, définies au niveau européen, qui visent à protéger les consommateurs par rapport aux éventuels risques de résidus de pesticides ou de médicaments vétérinaires. Seuls les produits comportant des teneurs inférieures à ces limites peuvent être importés sur le territoire européen. Mon collègue Jean-Baptiste Lemoyne l'a déjà souligné ; je le réaffirme.
Par ailleurs, nous pensons que la question du comité de suivi doit s'inscrire dans une réflexion globale sur les conditions d'importation. (Exclamations ironiques sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. François Bonhomme. C'est beau !
Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État. Cette question a fait l'objet d'échanges entre le ministre de l'agriculture et de l'alimentation et le Conseil de l'agriculture française, aujourd'hui même.
M. François Bonhomme. Quel galimatias !
Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État. Je souhaite vous rassurer, monsieur Moga : l'accord avec le Mercosur, comme tous les autres accords commerciaux de l'Union européenne, ne remet pas en cause le principe selon lequel tout produit entrant dans l'Union européenne doit être conforme à ses normes et standards. (Protestations sur les travées du groupe socialiste et républicain et du groupe Les Républicains.)
Mme Sophie Taillé-Polian. Ce n'est pas vrai !
M. Jean-Marc Todeschini. Comment allez-vous contrôler ?
Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État. Je l'affirme avec solennité.
À ce titre, le bœuf traité aux hormones ou les produits OGM non autorisés ne pourront accéder au marché européen.
D'ici à l'entrée en vigueur de l'accord, le règlement vétérinaire – récemment révisé – de l'Union européenne devrait s'appliquer. À ce titre, en 2022, les importations de viande issue d'animaux ayant reçu des antibiotiques comme activateurs de croissance ou des antibiotiques critiques seront interdites.
M. le président. Veuillez conclure, madame la secrétaire d'État.
Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État. Cette règle s'appliquera également aux pays du Mercosur. L'accord ne modifie en rien les normes établies par le législateur européen et national. (Protestations sur les travées du groupe communiste républicain citoyen et écologiste et du groupe socialiste et républicain.)
M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Absolument !
M. le président. La parole est à M. Jean-Pierre Moga, pour la réplique.
M. Jean-Pierre Moga. Je vous remercie de votre réponse, madame la secrétaire d'État.
Les agriculteurs et les consommateurs attendent des produits importés une qualité au moins égale à celle que l'on impose aux produits européens. Les consommateurs vous jugeront sur votre capacité à faire respecter les règles que nous nous imposons en Europe. (Applaudissements sur les travées du groupe Union Centriste.)
Source : senat.fr ↗
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