Ruptures de stocks de médicaments et officines
Michel CanévetUCI
Sénateur — Finistère
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 10/07/2019Vous le savez, les causes de pénuries de médicaments sont multiples. Ces pénuries peuvent être dues à un manque de matières premières, à un accident sur un site de production, à une compétition entre les pays conduisant l'industrie à vendre au mieux offrant. Il arrive également parfois que des médicaments très anciens, très peu utilisés, soient peu rentables à produire. Nous devons donc trouver un panel de solutions pour lutter contre toutes ces causes, qui sont extrêmement diverses.
Il existe en fait une distorsion à l'échelon mondial entre l'offre et la demande, car la demande est croissante dans tous les pays émergents. Nous devons donc travailler sur l'ensemble de la chaîne du médicament.
Permettez-moi de vous citer quelques-unes des propositions, très concrètes, que j'ai faites hier pour répondre aux inquiétudes légitimes des Français.
Nous travaillons par exemple sur une mutualisation des achats à l'échelon européen. Il pourrait s'agir là d'une piste pour régler le problème des vaccins, qui sont très difficiles à obtenir, car très difficiles à produire. Nous nous efforçons également de renforcer la capacité de régulation des pénuries par l'Agence de sécurité du médicament et des produits de santé en développant sa capacité d'anticipation et son pouvoir de régulation, voire en augmentant son pouvoir de sanction. Nous expertisons la mise en place d'une solution publique permettant d'organiser, de façon exceptionnelle et dérogatoire, l'approvisionnement en médicaments d'intérêt thérapeutique majeur en cas d'échec des négociations avec des laboratoires.
Différentes pistes sont donc à l'étude. Les grandes orientations proposées se traduiront par des mesures concrètes, qui seront présentées au comité de pilotage à la rentrée, auquel participeront l'ensemble des parties prenantes impliquées.
Concernant l'homéopathie, vous aurez ma réponse demain, monsieur le sénateur.
M. le président. La parole est à M. Michel Canevet, pour la réplique.
M. Michel Canevet. Il est bien évident que nombreux sont ceux qui s'inquiètent dans notre pays des réelles pénuries de médicaments. Les grossistes-répartiteurs, mais aussi les pharmaciens se rendent compte que ces pénuries se multiplient. Il est donc urgent d'agir.
Sur l'homéopathie, j'appelle le Gouvernement à se rendre compte de la réalité de la situation sur le terrain. Si l'homéopathie était déremboursée, le risque serait bien évidemment de mettre en place une médecine à deux vitesses. Je rappelle que l'homéopathie est très utilisée par le grand public, qui lui fait confiance pour se soigner. Il faut en tenir compte, madame la ministre. (Applaudissements sur des travées du groupe Union Centriste.)
Source : senat.fr ↗
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