Injonctions gouvernementales contradictoires en matière de ressources en eau
Nadia SollogoubUCI
Sénatrice — Nièvre
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 10/10/2019Sur l'eau, il n'y a aucun problème, aucune différence, aucune divergence entre le ministère de la transition écologique et solidaire et le ministère de l'agriculture et de l'alimentation (Exclamations ironiques sur les travées du groupe Les Républicains.), pour la simple raison…
M. Jean Bizet. Ce n'est pas clair !
M. Didier Guillaume, ministre. Mais je vais répondre très clairement, et vous le savez, monsieur Bizet.
Tout simplement, M. le Premier ministre a arbitré, et les services de l'État doivent mettre en œuvre ce qui a été arbitré. Vous le savez, madame la sénatrice, vous que je sais très investie dans ce domaine.
Non, on ne peut pas regarder l'eau tomber du ciel pendant six mois, et la chercher les six autres mois de l'année.
On sait très bien que le réchauffement climatique va continuer et que, si nous voulons que l'agriculture française soit résiliente, il faudra qu'elle soit irriguée. C'est la position de tout le Gouvernement. En même temps, on ne peut pas faire tout et n'importe quoi. (M. Bruno Sido s'exclame.)
À cet égard, je veux encore une fois saluer les agriculteurs, qui, en dix ans, ont dépensé 30 % d'eau en moins pour irriguer leurs cultures. Voilà l'innovation !
Pour l'année 2020, nous avons annoncé la possibilité de créer 60 retenues d'eau sur le territoire national, pour ne pas aller au-delà de la substitution et pouvoir retenir l'eau au moment où elle tombe, et la restituer en période de sécheresse. Si nous avions fait cela ces dernières années – je rappelle que les retenues d'eau sont interdites depuis vingt ans (M. François Bonhomme s'exclame.) –, dans le Massif central, où j'étais la semaine dernière, les bêtes auraient pu rester sur leurs prairies. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM. – M. Jean-Marc Gabouty applaudit également.)
M. le président. La parole est à Mme Nadia Sollogoub, pour la réplique.
Mme Nadia Sollogoub. Merci, monsieur le ministre. Ce sont bien les chiffres que j'avais. On parle de 60 retenues d'eau pour toute la France, c'est-à-dire pas même une par département. Sans mauvais jeu de mots, c'est une goutte d'eau.
Ce qui serait très intéressant, mais vous m'avez rassurée sur ce point, ce serait de savoir si le ministre de la transition écologique et solidaire, saisi de la même question, me ferait la même réponse ! (Sourires.)
En tout cas, je suis très heureuse que vous m'ayez répondu dans ce sens. Je suis rassurée et convaincue, monsieur le ministre, qu'il faut vous laisser continuer d'avancer sur ce point. Faute de quoi, nous allons tuer notre agriculture à coups de paperasse, ce qui ne cache peut-être qu'une incapacité à se mettre d'accord ! (Applaudissements sur les travées des groupes UC et Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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